Mort de Pierre Mauroy

L’ex Premier ministre socialiste est décédé vendredi matin à l’âge de 84 ans.

Maxence Kagni  • 7 juin 2013
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Mort de Pierre Mauroy
© Photo : AFP / PHILIPPE HUGUEN

Pierre Mauroy est mort, à l’âge de 84 ans. La nouvelle, annoncée ce vendredi matin par le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, provoque l’émoi de la classe politique. Ce socialiste a été le premier chef d’un gouvernement de gauche de la Vème République (de 1981 à 1984), sous la présidence de François Mitterrand.

Atteint d’un cancer du poumon pour lequel il a été opéré en avril 2012, Pierre Mauroy, avait été hospitalisé il y a quelques jours. François Hollande, actuellement en visite au Japon, a rendu hommage à cet homme qui a « servi la France dans à des moments exceptionnels » . Le chef de l’Etat a souligné les qualités d’un « homme de fidélité » , tout en rappelant que Pierre Mauroy avait pris, par le passé, « des mesures courageuses que l’on a appelé la rigueur » . Comme quoi, les préoccupations politiques d’aujourd’hui ne sont jamais très loin….

Celui qui a été maire de Lille pendant presque 30 ans (de 1973 à 2001), et que les Lillois appelaient affectueusement «le gros quinquin», restera avant tout le premier homme politique à avoir dirigé un gouvernement d’union de la gauche sous la Vè République. Mais il avait été bien avant cela, dès les années 1950, en tant que dirigeant des jeunesses socialistes, une figure du socialisme du Nord. Un réformiste, bien avant que le mot ne soit détourné de son sens progressiste. Ses débuts en tant que Premier ministre, en 1981, ont été marqués par de nombreuses avancées sociales et sociétales : retraite à 60 ans, abolition de la peine de mort, impôt sur la fortune, remboursement de l’IVG, nationalisations…

Celui qui exhorta Jospin à ne pas oublier les ouvriers

Ses deux dernières années à Matignon (1983-1984) sont celles d’un « tournant de la rigueur » qui a créé une défiance durable chez une partie des électeurs de gauche. En juillet 1984, Pierre Mauroy est remplacé par Laurent Fabius après le retrait de la loi Savary sur l’éducation.

En 1986, le socialiste est élu député du Nord, un poste qu’il occupera jusqu’en 1992 et qu’il avait déjà occupé de 1973 à 1981. Sept ans plus tard, il devient premier secrétaire du parti socialiste. En 1992, Laurent Fabius le remplace à ce poste.

La vie politique de Pierre Mauroy ne s’arrête pas pour autant. Il devient la même année président de l’internationale socialiste et est élu sénateur du Nord. En 2002, il est un des rares à mettre en garde Lionel Jospin, et l’exhorte, en vain, à ne pas « oublier les ouvriers ». Il est en 2007 membre de l’équipe du « pacte présidentiel » de Ségolène Royal. Il quitte son poste de sénateur en 2011.

Les réactions se sont succédé ce matin, après l’annonce de sa disparition. De nombreuses personnalités politiques, comme les ministres Michèle Delaunay ou Cécile Duflot, ont partagé leur émotion sur Twitter.

Dans un communiqué, le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, a tenu à saluer « la mémoire de cette grande voix de la gauche fidèle aux racines du socialisme historique » . Bertrand Delanoë, maire de Paris, parle quant à lui d’un « Premier ministre audacieux animé d’une fibre sociale authentique » . Jack Lang, ministre de la culture du gouvernement Mauroy, remercie le socialiste d’avoir « entrepris des changements historiques qui marquent durablement notre société » .

L’opposition, par la voix de Jean-François Copé, a également salué la mémoire d’un « homme de conviction, un socialiste sincère » . Enfin, le premier secrétaire du Parti socialiste souhaite valoriser l’héritage de Pierre Mauroy : « les socialistes pleurent aujourd’hui un homme simple et généreux, dont les valeurs et les convictions devront toujours continuer de les éclairer. »

Politique
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