M’étonnerait pas qu’on ferme

Le réalisateur des Tontons flingueurs , cinéaste populaire, conchié à ses débuts par la prétention des critiques et la Nouvelle Vague, est cané ce vendredi à l’âge de 87 ans.

Jean-Claude Renard  • 23 novembre 2013
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M’étonnerait pas qu’on ferme
© Photo: Ludovic Boulnois/Citizenside

Plus de 40 longs métrages au compteur et une kyrielle d’acteurs dans son cadre. Et plutôt des gros calibres, Lino, Gabin, la sauterelle Mireille Darc, Blier, Serrault, Francis Blanche, Maurice Biraud, Claude Rich, Robert Dalban, Paul Meurisse, Bébel… Avec Audiard en bande orchestre et Alain Poiré en mécène, Lautner fut dès ses premiers pas un homme d’amitiés et, quoi qu’en dise certains, un cinéaste au sens noble du terme.

Usant du champ/contre-champ, jouant avec la profondeur et les gros plans, le réalisateur était un maniaque du cadrage, attaché au rythme et au montage, au service des acteurs et des dialogues. Et les répliques sonnaient comme des bastos aux esgourdes des spectateurs. Les Tontons flingueurs , réalisé en 1963, en témoigne, un noir et blanc au service de tableaux remarquablement composés, réhaussés par une langue dynamitant les codes «façon puzzle». D’autres films plus ou moins intéressants suivront : Ne nous fâchons pas , le Pacha , les Barbouzes .

Les années 1970 continueront d’asseoir son succès. Il était une fois un flic , Quelques messieurs trop tranquilles , la Valise , les Seins de glace , On aura tout vu ou Mort d’un pourri , servis par des acteurs confirmés comme Marielle, Delon ou Pierre Richard, et des débutants prometteurs, Gérard Lanvin et Miou-Miou. Il fera faire ses premiers pas au cinéma à Coluche, barman dans Laisse aller c’est une valse , avec Jean Yanne. S’ensuivra l’épopée belmondesque, dans les années 1980, qui ne restera pas gravée dans l’histoire : Flic ou voyou , le Guignolo , le Professionnel . Et Dabadie viendra prendre le relais d’Audiard disparu. Les années 1990 seront plus erratiques, oscillant entre succès, la Maison assassinée , et plantages, l’Inconnu dans la maison , qui sera son dernier film.

L’homme des Tontons , qui fêtaient leur cinquantenaire cette année, s’en est allé rejoindre Ventura, Blier, Audiard au terminus des bienheureux. Et c’est plutôt du brutal. Repassez-moi la bouteille.

Cinéma
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