Patrick Eveno : « Un public laissé en déshérence »
Historien des médias, Patrick Eveno analyse la fonction de la presse gratuite, tournée vers la consommation.
dans l’hebdo N° 1281 Acheter ce numéro
La presse gratuite n’occuperait pas un tel espace si la presse populaire n’avait pas disparu du paysage, estime Patrick Eveno. En ce sens, c’est toute une pédagogie de l’information qui ne s’exerce plus, au profit de médias au contenu tiède, gouverné par la publicité.
À qui s’adresse la presse gratuite ?
Patrick Eveno : Longtemps, il y a eu la presse d’annonces, l’ancêtre de nos gratuits, une presse très populaire, rurale aussi. Aujourd’hui, entre Metro et 20 minutes, apparus en 2002, suivis de Direct Matin, c’est une presse qui s’adresse au public populaire des grandes agglomérations, aux personnes qui travaillent, pour la plupart, puisqu’elle est distribuée à l’entrée ou à la sortie des transports en commun tôt le matin. Ce sont des gens que la presse quotidienne régionale et nationale, plus élitiste, avait laissés en déshérence. Depuis les années 1970 et le déclin de France-Soir, il n’y a plus de presse populaire en
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