« Social-démocrate », Hollande ? Non !
Plusieurs politistes analysent l’histoire et le projet de la social-démocratie.
Et montrent que le « tournant » actuel du Président est plutôt social-libéral.
dans l’hebdo N° 1287 Acheter ce numéro
Dans son récent livre de mémoires, intitulé justement le Dilemme, l’ancien Premier ministre socialiste espagnol, José Luis Zapatero, regrette à demi-mot les mesures d’austérité qu’il a prises à partir de mai 2010. « Le dilemme a été de faire ce que jamais je ne pensais devoir faire : prendre des décisions, pour le bien du pays, qui allaient à l’encontre de mes convictions idéologiques. » En ces temps de néolibéralisme triomphant, est-ce là le sinistre destin de la social-démocratie européenne que de faire sans cesse le contraire de ce qu’elle prétend penser ?
En réalité, il y a tout lieu d’imaginer que François Hollande, dont la grande presse, pétrie d’idéologie libérale, a applaudi le « tournant social-démocrate », n’est pas vraiment contraint. Il fait la politique qu’il a en tête, politique de l’offre qui, selon lui, est supposée « créer la demande ». Ce que « jamais n’aurait dit aucun social-démocrate digne de ce nom », observe Rémy Lefebvre, professeur de science politique à l’université de Lille-II, auteur, il y a quelques années, d’une enquête fouillée sur le désarroi (et parfois la fuite du parti) des militants socialistes [^2]. Bien que toujours membre de
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