Calotte glaciaire (« À flux détendu »)

Le 30 octobre, sont appelés à comparaître au tribunal de Paris Jean-Michel Ribes et Pascale Vurpillot. Leur crime : avoir programmé et édité la pièce de Rodrigo García, Golgota picnic.

Christophe Kantcheff  • 28 octobre 2015
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Calotte glaciaire (« À flux détendu »)

Le 30 octobre, sont appelés à comparaître à la 17e chambre du tribunal de Paris Jean-Michel Ribes, directeur du théâtre du Rond-Point, et Pascale Vurpillot, gérante des éditions Les Solitaires intempestifs. Leur crime : avoir programmé, pour le premier, édité, pour la seconde, à la fin de l’année 2011, la pièce de Rodrigo García, Golgota picnic. Vous avez bien lu. Jean-Michel Ribes et Pascale Vurpillot sont convoqués devant un tribunal pour avoir donné à lire et à voir une pièce de théâtre. La motivation de l’ordonnance de renvoi ne laisse aucun doute sur les instigateurs du procès : « Les propos extraits de la pièce  […] dépassent les limites de la liberté d’expression et peuvent s’analyser, par le discrédit qu’ils font peser sur la personne du Christ et son action  […], en une incitation à la haine et au rejet des catholiques. » La partie civile est en effet l’Agrif, doux acronyme pour l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne, un ramassis d’obsédés de la calotte qui, avec leurs cousins dégénérés de Civitas, étaient venus brandir leur petit Jésus devant le théâtre du Rond-Point lors des représentations. On peut regretter que la moindre association fascistoïde puisse traîner en justice une œuvre d’art, en l’occurrence ceux qui l’ont mise à disposition du public. De telles procédures aujourd’hui ont tendance à proliférer. « Blasphématoire », Golgota picnic  ? Bien sûr ! Contre toutes les religions : celle du Christ, celle de l’argent et de la consommation, celle encore de ceux qui croient au grand soir. La pièce de Rodrigo García n’épargne personne. Dans les passages incriminés, j’ai noté celui-ci : « Et pour le faire taire une bonne fois pour toutes, ils lui clouèrent les mains et les pieds. Et le gars continua à parler comme si de rien n’était. » Aurait-on un supplice plus efficace pour clouer le bec aux décérébrés du goupillon ?

Culture
Temps de lecture : 2 minutes
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