Réédition de « Mein Kampf » : « Faire le pari de l’intelligence »

L’historien Denis Peschanski explique pourquoi il approuve la parution d’une future édition critique de Mein Kampf.

Olivier Doubre  • 18 novembre 2015 abonné·es
Réédition de « Mein Kampf » : « Faire le pari de l’intelligence »
© **Denis Peschanski** Historien, spécialiste du régime de Vichy. Coauteur de Drancy. Un camp en France, Fayard. Photo : ESPECIAL/NOTIMEX

Disponible dans une traduction française brute et sans notes, à la fois sur Internet mais aussi, depuis 1934, chez un petit éditeur d’extrême droite, l’unique ouvrage d’Adolf Hitler, Mein Kampf (« Mon combat »), tombe dans le domaine public début janvier 2016. Soit au début de la 70e année après la mort de l’auteur, comme le prévoit la loi française. L’annonce de la publication, prévue pour 2018, d’une édition critique et scientifique chez Fayard, sous la direction de l’historien spécialiste du nazisme Florent Brayard, a fait naître une polémique parmi les historiens et au-delà. Surtout après une déclaration de Jean-Luc Mélenchon, farouchement opposé à cette publication. Directeur de recherche au CNRS, membre du Centre d’histoire sociale du XXe siècle (Paris I), Denis Peschanski défend ici le principe d’une édition critique, supervisée par quelques-uns des meilleurs spécialistes français du nazisme. Au nom de la connaissance historique, et en refusant l’idée d’une histoire lisse, voire lissée, où tout ce qui dérange serait gommé, effacé, inaccessible.

Mein Kampf,* d’Adolf Hitler, est-il accessible aujourd’hui en France ? **

Denis Peschanski ≥ Oui, et sans difficulté. La question de

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