Numérique : Hollande soigne Bill Gates

Le gouvernement français a défendu la pratique de la vente liée d’ordinateurs et de systèmes d’exploitation.

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La vente liée d’ordinateurs et de systèmes d’exploitation (OS) n’est pas illégale. La Cour de justice de l’Union européenne a statué dans ce sens le 7 septembre. Une déception pour les défenseurs des libertés numériques, qui dénoncent depuis des années cette pratique commerciale qui consiste à vendre des PC déjà équipés de Windows, l’OS de Microsoft. En cause, notamment, le prix des logiciels, qui n’est jamais indiqué au consommateur, alors qu’il peut représenter jusqu’à 30 % du prix de vente. Et alors même que des alternatives existent, libres et gratuites, créatrices d’activité économique locale.

Et la surprise ne s’arrête pas là. Le site NextInpact révèle que le gouvernement français a défendu cette pratique dans ses observations, arguant que l’information du consommateur n’est pas « susceptible de modifier son comportement » d’achat. Un revirement de plus pour François Hollande, qui se targuait en 2012 de défendre le logiciel libre, « levier de croissance ». Mais un revirement déjà ancien.

Fin 2013, le ministère français de la Défense a renouvelé pour quatre ans, sans appel d’offres, son contrat dit « open bar » avec la firme de Bill Gates, grand optimisateur fiscal, pour l’équipement de son parc informatique. Quelques semaines après les révélations d’Edward Snowden, les crânes d’œuf n’ont rien trouvé à redire. Le 30 novembre 2015, Najat ­Vallaud-Belkacem a signé un « partenariat » Microsoft-Éducation nationale, dénoncé par les associations du « libre » et les syndicats d’enseignants comme une « mise sous tutelle » de l’informatique à l’école et un conditionnement des enfants. Un peu comme confier l’organisation des cantines scolaires à McDo, ont ironisé des blogueurs. Sous Hollande, le numérique est bien un levier de croissance… ­américaine.


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