Présidentielle 2017: une autre primaire

Élue de LaPrimaire.org, Charlotte Marchandise, « candidate citoyenne » pour l’élection de 2017, doit maintenant trouver les 500 parrainages d’élus nécessaires pour se présenter à la présidentielle.

Malika Butzbach  • 2 janvier 2017
Partager :
Présidentielle 2017: une autre primaire
Charlotte Marchandise lors d'une réunion de LaPrimaire.org, le 8 décembre.
© PATRICK HERTZOG / AFP

Une campagne, des programmes et deux tours… LaPrimaire.org, initiée par l’association democratech, a tout d’une « vraie élection ». Il s’agit de « _la première primaire en ligne 100% démocratique et ouverte », ainsi qu’elle est définie sur son site. Partant du constat que « 9 français sur 10 n’ont plus confiance dans la politique », Thibauld Favre, ingénieur, et David Guez, avocat, ont lancé cette élection, dans le but de faire émerger une candidature citoyenne. « Nous n’acceptons plus la confiscation systématique des élections présidentielles par les partis politiques traditionnels. Nous voulons choisir nos représentant(e)s, pas qu’on nous les impose ! », clame leur Manifeste.

Un dispositif inédit

En avril 2016, le site LaPrimaire.org est lancé et, après quatre mois, il compte 250 candidats recueillant le seuil de qualification (le soutien de 500 citoyens minimum). À l’issue du premier tour le 14 juillet, 16 d’entre eux sont qualifiés. S’ensuit alors la pré-sélection des candidats selon un mode de scrutin particulier : le jugement majoritaire. Chaque internautes se prononce sur plusieurs candidats, qui lui sont présentés de manière aléatoire, leur attribuant une mention (de « _Très Bien », à « à Rejeter »). Finalement, seuls 5 finalistes sont retenus, deux femmes et trois hommes, âgés de 30 à 59 ans. Tous défendent une réforme des institutions ainsi que la mise en place d’un revenu de base.

>> A lire aussi : LE PS s’intéresse au revenu de base…

Une élue municipale élue citoyenne

Arrivée en tête avec 50,6 % de mention « Très Bien », Charlotte Marchandise se lance dans la campagne présidentielle. Ayant successivement été professeure de français, gérante d’un bar culturel et responsable web marketing, la jeune femme est actuellement élue adjointe à la mairie de Rennes (PS). « _En 2014 j’ai rejoint en tant que membre de la société civile la liste “Changez la Ville” (composée de 30 % EELV, 30 % Front de Gauche, 30 % Citoyens) aux élections municipales de Rennes. Élue après une fusion avec la liste PS au second tour, j’ai été nommée adjointe déléguée à la santé », explique-t-elle dans sa biographie. Elle précise cependant dans un billet, « _Je ne suis pas encartée chez EELV ni dans aucun autre parti ».

Un manque d’engouement

Alors que le site affirmait que « la primaire n’aura pas lieu si moins de 100 000 citoyens sont inscrits au moment des faits », on compte plus de 126 000 inscriptions actuellement. Mais seulement 32 684 personnes ont cliqué sur leur souris entre le 15 et 30 décembre, période du second tour. Bien loin des 500 000 inscrits espérés par democratech au lancement du projet, mais toujours plus que la primaire écologiste (13 900 votants au second tour), l’autre objectif de Thibauld Favre et David Guez.

Il reste dorénavant à trouver les 500 parrainages nécessaires pour se présenter au premier tour de l’élection présidentielle. Une mission complexe alors que LaPrimaire.org n’a récolté que 62 000 euros sur les 300 000 escomptés.

Politique
Temps de lecture : 3 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« La victoire de Glucksmann ne vaut pas blanc-seing pour sa stratégie anti-alliance »
Entretien • 15 octobre 2026

« La victoire de Glucksmann ne vaut pas blanc-seing pour sa stratégie anti-alliance »

Raphaël Glucksmann est sorti large vainqueur de la primaire « de la gauche socialiste et démocratique ». Conséquence, le Parti socialiste n’aura pas de candidat propre pour la présidentielle 2027. Le résultat divise déjà au sein de la formation. Une situation dont le premier secrétaire, Olivier Faure, sort affaibli.
Par Névil Gagnepain
Après la victoire de Glucksmann, les ralliements à Mélenchon se multiplient
Analyse • 15 octobre 2026 abonné·es

Après la victoire de Glucksmann, les ralliements à Mélenchon se multiplient

1 500 communistes ont annoncé le 14 octobre leur ralliement à la candidature du leader insoumis. En parallèle, la victoire de Raphaël Glucksmann lors de la primaire socialiste provoque des remous chez les militants de gauche et semble acter une bipartition de la campagne. 
Par Névil Gagnepain
Colère lycéenne : Gabriel Attal mise sur l’autorité, Jean-Luc Mélenchon sur la rupture
Politique • 12 octobre 2026 abonné·es

Colère lycéenne : Gabriel Attal mise sur l’autorité, Jean-Luc Mélenchon sur la rupture

Le candidat Renaissance et de La France insoumise à la présidentielle ont respectivement tenu meeting à Lyon samedi 10 octobre et près de Clermont-Ferrand dimanche 11, sur fond de mobilisation lycéenne. Alors que l’ancien Premier ministre défend une ligne fondée sur l’autorité et les devoirs, le leader insoumis dénonce le bilan éducatif des gouvernements macronistes.
Par William Jean et Névil Gagnepain
Raphaël Glucksmann veut-il tuer le PS ?
Politique • 9 octobre 2026 libéré

Raphaël Glucksmann veut-il tuer le PS ?

Ce 12 octobre, le coprésident de Place publique a remporté la primaire sociale-démocrate octobre, en glanant 66,17 % des 120 000 votants en ligne. Une question brûlante a animé les derniers jours de campagne : sa victoire serait-elle synonyme de la fin du parti à la rose ?
Par Névil Gagnepain