La gauche n’a pas le nombre mais quelques grandes voix

Denis Sieffert  • 18 juin 2017
Partager :
La gauche n’a pas le nombre mais quelques grandes voix
© Photo : LOIC VENANCE / AFP

Ce n’est pas tant l’arithmétique qui sera décisive dans l’Assemblée issue de ces élections législatives que les voix qui sauront s’y faire entendre. Si l’on s’en tient aux chiffres, la majorité absolue acquise par La République en marche devrait permettre à Emmanuel Macron de faire passer sa politique sans entraves. Le président de la République n’aura pas même besoin des voix du MoDem. Et ce n’est pas la droite traditionnelle, divisée sur l’attitude à adopter, qui va le gêner.

Dans un rapport de force aussi déséquilibré, ce qui va compter ce sont les voix d’opposition qui sauront entrer en résonance avec la société. À l’extrême droite, on pense évidemment à Marine Le Pen. Mais, c’est surtout à gauche que les personnalités de Jean-Luc Mélenchon, mais aussi de Clémentine Autain ou de François Ruffin, notamment, pourront faire entendre un discours d’opposition bien au-delà des murs de l’Assemblée pour soutenir le moment venu le mouvement social. En disposant d’un groupe indépendant, France insoumise a créé les conditions d’une opposition certes très minoritaire mais assurément audible.

On ne peut pas exclure non plus que l’immense vague « macronienne » réserve quelques surprises à l’usage, et se fissure dans l’adversité. Faute de devenir l’espace démocratique qu’elle n’a jamais vraiment été sous la Ve République, l’Assemblée peut au moins être une tribune pour une opposition sociale, face à la politique qui nous est annoncée. C’est ce qu’il faut espérer.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« La sécurité n’est pas un gros mot » : à Échirolles, Amandine Demore, maire courage face au narcotrafic
Portrait 24 février 2026 abonné·es

« La sécurité n’est pas un gros mot » : à Échirolles, Amandine Demore, maire courage face au narcotrafic

Dans cette ville de près de 40 000 habitants, en banlieue sud de Grenoble, la maire tente de lutter contre un fléau qui dépasse largement ses pouvoirs. En première ligne, l’édile communiste considère que la gauche a encore « des choses à dire » sur la sécurité.
Par Lucas Sarafian
Municipales 2026 : à Cayenne, l’enjeu sécuritaire dépasse la campagne
Reportage 24 février 2026 abonné·es

Municipales 2026 : à Cayenne, l’enjeu sécuritaire dépasse la campagne

Alors que la campagne des élections municipales débute officiellement dans quelques jours, le thème de la sécurité s’impose comme l’une des priorités des Cayennais. Neuf ans après le mouvement social historique de 2017, l’insécurité continue de structurer le débat public et de façonner les programmes des candidats.
Par Tristan Dereuddre
Municipales : à Romans-sur-Isère, l’union progressiste née de la mort de Thomas se déchire
Reportage 24 février 2026

Municipales : à Romans-sur-Isère, l’union progressiste née de la mort de Thomas se déchire

Depuis la mort de Thomas à Crépol, fin 2023, puis celle de Zakaria en 2024 à Romans-sur-Isère, cette dernière est devenue le symbole des fractures du pays, alimenté selon les intérêts de l’extrême droite. Malgré des fortes tentatives d’union, les forces progressistes ne font désormais plus front commun pour le premier tour des municipales.
Par Pierre Jequier-Zalc
Au quartier pour mineurs de la prison de Metz, « sans liberté, on fait comme on peut »
Reportage 20 février 2026 abonné·es

Au quartier pour mineurs de la prison de Metz, « sans liberté, on fait comme on peut »

Au quartier pour mineurs du centre pénitentiaire de la ville de Moselle, si les surveillants sont en jogging et les jeunes ne sont plus envoyés au quartier disciplinaire, ces mesures n’ont pas fait disparaître le contrôle et l’isolement, intrinsèques à l’enfermement.
Par Pauline Migevant