« Les Derniers Jours d’une ville », de Tamer El Said : Un temps de suspension

Dans Les Derniers Jours d’une ville, Tamer El Said filme Le Caire quelque temps avant le début de la révolution égyptienne.

Au Caire, Tamer El Said a filmé l’instant qui précède. Juste avant que la digue ne rompe, avant que le flot impétueux de la révolution égyptienne ne vienne ouvrir la possibilité d’un monde différent. Les Derniers Jours d’une ville est le premier long-métrage de fiction du réalisateur, qu’il a engagé dès 2006 et dont il a tourné les ultimes plans en 2010. Le film ne prédit pas la révolution qui s’est déclenchée quelques mois plus tard au Caire puis dans le reste du pays. Mais il enregistre ce moment à la fois de tension et en suspension, incertain et douloureux. C’est exactement l’état de son personnage principal, Khalid (Khalid Abdalla), en proie à un profond malaise. Cinéaste, il ne sait que faire des séquences qu’il a tournées, ayant perdu la direction de son travail en cours. Il est face à un puzzle éclaté, chaque pièce interrogeant une part de son existence ou de sa mémoire. Mais au stade du montage, il tâtonne, et son monteur finit lui aussi par douter de la cohérence de l’ensemble. Par ailleurs, sa fiancée, Laila (Laila Samy), s’est séparée de lui : elle a décidé de partir à l’étranger. Ses amis, réalisateurs également, sont loin, éparpillés de par le monde : Beyrouth, Bagdad, Berlin… Lui-même désire déménager, mais aucun des appartements qu’il visite ne lui convient. Est-il possible de trouver sa place en Égypte ? Comment s’inscrire dans cette ville ? Quel regard porter sur elle ?

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