Loi travail : Le beau travail des Insoumis

À l’Assemblée nationale, les « insoumis » ne sont que 17, mais, face à la majorité silencieuse, on n’a entendu qu’eux.

Pauline Graulle  • 19 juillet 2017
Partager :
Loi travail : Le beau travail des Insoumis
© photo : bertrand GUAY / AFP

Ils ne sont que 17, mais, face à la majorité silencieuse, on n’a entendu qu’eux. À l’Assemblée nationale, les « insoumis » ont réussi leur coup. Faute de majorité, ils étaient dans l’incapacité de stopper le rouleau compresseur de la loi d’habilitation à réformer par ordonnance le code du travail. Mais si la bataille politique était perdue d’avance, les 17 parlementaires ont réussi, grâce à une savante orchestration de leur communication, à mener la bataille culturelle au dehors.

Outre l’organisation dans plusieurs villes de rassemblements, plus ou moins suivis, pendant le débat parlementaire, c’est surtout la diffusion des vidéos de leurs interventions sur les réseaux sociaux qui leur a permis d’attirer l’attention des médias et d’ouvrir les yeux du grand public. En quelques jours, le jeune député du Nord, Adrien Quatennens, 27 ans, est devenu la coqueluche du Web pour son discours appelant les macronistes à « s’insoumettre ». Idem pour le député de la Somme, François Ruffin, qui a interpellé le rapporteur de la loi, un ancien de chez Auchan, sur les suppressions d’emplois dans ce groupe bénéficiaire. Des milliers de vues sur Facebook et Twitter… dont n’ont pas profité, faute d’une communication adaptée, les pourtant tout aussi méritants députés communistes.

L’objectif des « Insoumis » était de faire émerger dans le débat public les questions de fond : les conséquences de l’inversion de la hiérarchie des normes et la philosophie de la « contre-révolution » libérale de Macron. Le travail « d’éducation populaire » revendiqué est au final réussi. Un beau coup politique aussi, qui souligne, par contraste, l’inanité des députés « marcheurs » et le silence assourdissant des socialistes.

Politique
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

En Dordogne, un potentiel candidat aux municipales poursuivi pour emploi de travailleurs sans-papiers
Enquête 15 janvier 2026

En Dordogne, un potentiel candidat aux municipales poursuivi pour emploi de travailleurs sans-papiers

Cyrille Déchenoix, patron de Drop Intérim, fait campagne pour la mairie de Saint-Astier, en Dordogne. Pourtant cet ancien de l’UMP, déjà condamné deux fois pour prise illégale d’intérêt, est de nouveau visé par une procédure judiciaire. Cette fois, pour emploi de travailleurs sans papiers.
Par Pierre Jequier-Zalc
Budget : les raisons du naufrage de Lecornu
Budget 14 janvier 2026 abonné·es

Budget : les raisons du naufrage de Lecornu

Incapable de trouver l’équilibre entre une gauche très modérée et une droite intransigeante, le premier ministre pourrait passer son budget en force. Il renierait son engagement, s’affaiblirait politiquement et risquerait la chute.
Par Lucas Sarafian
Procès FN-RN : « Ce procès affecte Le Pen personnellement, mais pas Bardella »
Entretien 13 janvier 2026 abonné·es

Procès FN-RN : « Ce procès affecte Le Pen personnellement, mais pas Bardella »

Le spécialiste de l’extrême droite Gilles Ivaldi, chargé de recherche CNRS au Cevipof, relativise l’impact politique du procès. Et estime que la possible accession de Bardella comme candidat ne provoquerait pas de guerre au sein du parti.
Par Lucas Sarafian et Maxime Sirvins
Mercosur : les vraies raisons du « non » de Macron
Parti pris 9 janvier 2026

Mercosur : les vraies raisons du « non » de Macron

Si la France a voté contre le Mercosur, ce n’est pas parce qu’Emmanuel Macron condamne le libre-échange – bien au contraire – mais parce que soutenir le texte lui coûterait trop cher politiquement.
Par Pierre Jequier-Zalc