« L’abstention est le fait de mécanismes sociologiques »

Pour Antoine Jardin, spécialiste des quartiers populaires, aller chercher les classes populaires éloignées du vote est une gageure.

Pauline Graulle  • 18 octobre 2017 abonné·es
« L’abstention est le fait de mécanismes sociologiques »
© photo : LOIC VENANCE / AFP

Alors que le vote populaire était orienté à gauche jusque dans les années 1960-1970, il s’est depuis banalisé. En cause, la diversification des profils au sein des classes populaires, le délitement des solidarités et une crise profonde de leur représentation par un système partisan à bout de souffle.

Qui sont les « classes populaires » aujourd’hui ?

Antoine Jardin : Ce qu’on appelle « classe populaire » est un ensemble très hétéroclite. Depuis le choc pétrolier de 1973, des mondes populaires divers se sont développés en dehors du monde ouvrier « traditionnel » : on y trouve pêle-mêle des employés peu qualifiés du secteur des services (par exemple, dans les entreprises de nettoyage), mais aussi des personnes sans emploi ou qui ne sont pas à la recherche d’un emploi… Et d’ailleurs, au sein même du monde ouvrier traditionnel, il y a des différences importantes : ce n’est pas la même chose d’être manœuvre ou ouvrier de l’imprimerie.

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