Justice : Apple contre Attac

Apple a choisi la voie juridique pour tenter de faire taire l’association.

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Cible privilégiée des actions militantes d’Attac depuis le mois de novembre, Apple a choisi la voie juridique pour tenter de faire taire l’association. Elle l’assigne en référé (urgence) devant le tribunal de grande instance de Paris le 12 février, au nom du « risque imminent pour Apple, ses employés et ses clients » que feraient courir l’« action irrationnelle » et la « démonstration de force massive » du « groupe radical ». La firme à la pomme craint un « saccage » de ses magasins (ou de son image de marque), alors que les actions d’Attac sont toujours restées pacifiques.

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L’association altermondialiste reproche notamment à l’entreprise de ne payer ni ses impôts ni le redressement fiscal de 13 milliards d’euros qu’elle doit à l’Irlande. Fidèle à sa stratégie d’action pacifique de désobéissance, Attac a, ces derniers temps, multiplié les manifestations dans les boutiques Apple pour interpeller l’opinion, en particulier au moment de la sortie de l’iPhone X. Elle promet de poursuivre ses actions et s’est même rendue, le 16 décembre, sur l’île anglo-normande de Jersey, au taux d’imposition imbattable de 0 %, où Apple a installé en 2015 son siège européen.

Pour cette assignation en forme de « plainte bâillon », Apple s’est attaché les services de Me Ivan Itzkovitch, jeune avocat au barreau de Seine-Saint-Denis. Dans la vie civile, le juriste s’illustre notamment dans la guerre contre les « ayatollahs écolos » (Twitter, 8 décembre2016) dans la ville de Rosny-sous-Bois, où il est conseiller municipal UDI-LR. Il a aussi fondé le discret mais néanmoins délicieux « Institut Thatcher ». Où il défend notamment la suppression du salaire minimum, l’instauration d’un contrat de travail révocable à tout moment et l’arrêt du financement des recherches fondamentales qui ne débouchent pas sur une « innovation marchande ». Les grands esprits…


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