Attac attaquée par Apple et la BNP

Ces deux multinationales ont saisi la justice après des actions contre l'évasion fiscale menées par l'association altermondialiste.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


L'association Attac est la cible de deux attaques judiciaires de la part de multinationales qu'elle accuse de pratiquer ou favoriser l'évasion fiscale : le géant américain Apple et la banque BNP Paribas.

Apple a ainsi assigné en référé l'association auprès du tribunal de grande instance (TGI) de Paris suite à l'occupation de son magasin de Paris-Opéra. L'association altermondialiste avait mené une série d'actions contre le géant américain pour « dénoncer l'évasion fiscale » pratiquée par le groupe.

À lire aussi >> Apple, l’entreprise « cool » qui ne veut pas payer d’impôts

Le 3 novembre, date de la sortie du dernier smartphone de la marque, l'iPhone X, des militants d'Attac avaient déversé des pommes pourries sur le trottoir devant le magasin Apple d'Aix-en-Provence, après avoir écrit « #Iphone Revolt » sur la devanture de verre de l'enseigne. D'autres s'étaient réunis devant le magasin du quartier de l'Opéra à Paris avec un gâteau d'anniversaire fictif pour souhaiter « un bon anniversaire à l'iPhone », « mais un mauvais anniversaire à l'évasion fiscale » dans le cadre de la campagne #ApplePayeTesImpôts de l'association.

À lire aussi >> Attac souhaite un mauvais anniversaire à l’iPhone

Le 2 décembre, plusieurs militants d'Attac avaient également envahi le magasin de Paris-Opéra.

L'assignation, qui remonte au 21 décembre, est fondée, selon Apple, sur le « risque imminent pour Apple, ses employés et ses clients » que feraient courir les actions d'Attac. « Attac menace de réitérer des actions qui ont déjà causé un préjudice à Apple et qui aboutiront à vandaliser les magasins exploités par Apple, à mettre en péril la sécurité de ses employés et de ses clients et à causer un préjudice commercial à Apple », peut-on également lire dans ce texte. Afin de mettre fin à ces actions, Apple demande au TGI de Paris d'interdire à l'association de pénétrer dans ses magasins français pendant trois ans sous peine d'une astreinte de 150 000 euros par violation de l'interdiction, ainsi qu'à la condamner à verser 3 000 euros à Apple.

Dans un communiqué, Attac a rappelé dénoncer « l'évasion fiscale massive pratiquée par la marque à la pomme ». « Apple nous accuse de “vandalisme” et “d'atteinte à la sécurité” pour demander une astreinte en cas de future action alors que nos actions sont symboliques, non-violentes, menées à visage découvert et sans aucune dégradation matérielle », a insisté son porte-parole Dominique Plihon.

Ce n’est pas la seule attaque judiciaire qu’a à subir l’association : mardi 6 février à 8h30, la militante d’Attac Nicole Briend est convoquée devant le tribunal de Carpentras, suite à une plainte de la BNP Paribas, pour « avoir participé à une action symbolique de réquisition citoyenne de chaises pour pointer le rôle de la banque dans l’industrie de l’évasion fiscale », selon le même communiqué de l’association.

Pour Attac, « ces deux actions en justice obéissent à la même logique : essayer de bâillonner Attac et nous empêcher de mener de nouvelles actions citoyennes pour dénoncer l’évasion fiscale des multinationales ».


Haut de page

Voir aussi

Décolonisation inachevée

Politique accès libre
par ,

 lire   partager

Articles récents