Violences policières : En finir avec l’impunité

En France, des hommes meurent encore entre les mains de policiers ou de gendarmes. L’impunité a développé une défiance à l’égard de nos institutions qui menace la paix civile et dont les policiers sont parfois les victimes.

Michel Soudais  • 10 janvier 2018
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Violences policières : En finir avec l’impunité
© photo : Thierry Zoccolan/AFP

Notre pays se flatte, à juste raison, d’avoir aboli la peine de mort. Pourtant, des hommes meurent encore entre les mains de policiers ou de gendarmes. Sans même un procès. D’autres sont victimes de traitements inhumains ou dégradants de la part de forces de police qui ont la charge de les protéger. Ni les difficultés auxquelles les forces de l’ordre peuvent être confrontées, sans y avoir toujours été bien formées, ni l’hostilité violente à laquelle il leur arrive de se heurter – le lynchage sauvage de Champigny nous le rappelle – ne sauraient les placer au-dessus des lois.

On ne dira jamais assez qu’il n’est pas normal que des violences soient commises dans les commissariats ; pas normal que des policiers tirent dans le dos de fuyards, fussent-ils délinquants ; pas normal qu’un traitement plus musclé soit réservé à une personne en raison de sa couleur ou de son origine ; pas normal que des manifestations soient réprimées au risque de provoquer des blessures graves ; pas normal encore – et le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe le dénonçait déjà en 2008 – que les personnes qui se plaignent de violences policières fassent l’objet de pressions et de menaces.

En laissant par leur silence, voire leur soutien, s’installer une forme d’impunité, les responsables de la nation, à quelque majorité qu’ils appartiennent, ont développé une défiance à l’égard de nos institutions qui menace la paix civile et dont les policiers sont parfois les victimes. Pour que nul dépositaire de l’autorité « ne puisse abuser du pouvoir », il serait temps que « par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir », comme le préconisait Montesquieu il y a deux cent-soixante-dix ans.

À lire dans ce dossier :

• Champigny : la haine de l’uniforme

• Des bavures qui n’ont rien d’accidentel

• Violences policières : Le long silence des politiques

• Violences policières : Crimes sans châtiments

• « Gérer la violence de la police »

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