Police de sécurité du quotidien : Un dispositif ambigu

L’annonce très médiatisée de la création d’une police de sécurité du quotidien, derrière une appellation relativement consensuelle, pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.

Ingrid Merckx  et  Michel Soudais  et  Pauline Graulle  et  Vanina Delmas  • 14 février 2018 abonné·es
Police de sécurité du quotidien : Un dispositif ambigu
© photo : Julien Mattia/NurPhoto/AFP

Le plan de com’ aura été bien orchestré. Gérard Collomb a dévoilé sa « police de sécurité du quotidien » le 8 février, lors d’une grand-messe de plus de deux heures à l’École militaire, ponctuée de questions-réponses et de vidéos, avec pléthore d’intervenants. Une réforme, cela a été rappelé avec insistance, promise par Emmanuel Macron. Après la retentissante « affaire Théo » et la grogne inédite dans la police, le candidat s’était engagé à créer « une nouvelle police de sécurité quotidienne qui aura le droit d’éloigner les délinquants des zones où ils commettent des délits ».

Les mesures annoncées ne vont pas aussi loin. Le ministre de l’Intérieur, c’est heureux, n’a pas soufflé mot de ce « nouveau pouvoir » d’éloignement que le candidat prétendait donner aux policiers et aux gendarmes « sous le contrôle du juge ». Elles sont aussi moins ambitieuses. La police de sécurité du quotidien (PSQ), appellation finalement retenue, ne sera pas « une nouvelle police » ; elle ne sera pas formée de nouvelles brigades spécialisées. Gérard Collomb la définit comme un « nouvel état d’esprit ». Additionnant annonces et promesses, il recycle pas mal de chantiers déjà ouverts. Des brigades de contact en gendarmerie à la création d’amendes forfaitaires pour certains délits (usage de cannabis notamment), en passant par la prévention des suicides chez les forces de l’ordre ou les «

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société Police / Justice
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

La résilience, boussole pour le monde à venir
Inégalités 12 juin 2026 abonné·es

La résilience, boussole pour le monde à venir

Alors que les crises sociales, démocratiques et écologiques nourrissent partout le sentiment d’impuissance, des résistances citoyennes dessinent d’autres possibles. Cécile Duflot plaide pour faire de la résilience collective une force politique capable de combattre les inégalités, défendre l’État de droit et redonner espoir face aux replis nationalistes et aux logiques de renoncement.
Par Cécile Duflot
« Les révolutions sont des imaginaires puissants »
Entretien 12 juin 2026 abonné·es

« Les révolutions sont des imaginaires puissants »

Dans un temps marqué par la montée des extrêmes droites, l’historienne Mathilde Larrère s’attarde sur ce que la gauche fait de sa mémoire révolutionnaire, endroit fécond où inventer l’avenir.
Par Juliette Heinzlef
Gérald Darmanin et l’esthétique virile du pouvoir
Tribune 11 juin 2026

Gérald Darmanin et l’esthétique virile du pouvoir

L’affaire Lyhanna met en lumière les limites d’une conception viriliste du pouvoir incarnée par le ministre de la Justice. Quand les violences sexuelles s’imposent au débat public, la posture de l’« homme fort » apparaît moins comme une solution que comme une partie du problème.
Par Lynda-May Azibi
Guerre civile en Espagne, répercussions mondiales
Histoire 10 juin 2026 abonné·es

Guerre civile en Espagne, répercussions mondiales

Le coup d’État franquiste divise les nations, entre aide déclarée des dictatures aux insurgés et soutien timide des démocraties au gouvernement légal de Madrid, annonçant les clivages de la Seconde Guerre mondiale.
Par Olivier Doubre