La justice suspend la vente du centre d’appels Free de Colombes

La cession du centre d’appels Mobipel est annulée jusqu’au 21 septembre, en raison du manque de dialogue en amont avec les salariés.

Quentin Bleuzen  • 29 mai 2018
Partager :
La justice suspend la vente du centre d’appels Free de Colombes
© photo : HOUIN / BSIP

A vec tout ce qu’a sorti la défense, on est content du verdict », commente Anousone Um au téléphone. Le délégué syndical SUD-Télécom vient d’apprendre que le projet de cession de son centre d’appels Free est suspendu par la justice. Le centre Mobipel de Colombes doit être vendu à Comdata, un partenaire et peut-être futur sous-traitant de Free en France. Une première pour l’entreprise de Xavier Niel qui se vantait jusqu’ici d’employer directement ses salariés.

Les responsables du personnel de ce centre, théâtre de licenciements massifs depuis 2014, voient dans cette vente l’ultime sanction de la direction. Ils ont déposé deux recours devant la justice pour stopper la cession. L’un sur le fond du projet qui doit être débattu le 21 septembre 2018, et un autre en référé (procédure d’urgence) pour suspendre le projet jusqu’à cette date.

Nous avons assisté au procès en référé le 16 mai. À sa suite, la juge a affirmé le 28 mai la nécessité de faire cesser la vente, comme le demandent les représentants du personnel. C’est l’absence de consultation sur les orientations stratégiques pour l’année 2018 qui motive sa décision. Celles-ci doivent être présentées par la direction aux représentants du personnel, elles définissent le futur de l’activité et de l’organisation du travail.

D’après l’ordonnance des référés, ces orientations stratégiques auraient dû être débattues avant l’étude du projet de cession en mars 2018. « Le refus [de la direction de Mobipel] d’organiser cette consultation constitue un trouble manifestement illicite qu’il appartient au juge des référés de faire cesser », indique le tribunal de grande instance de Nanterre. Le projet de cession pourra néanmoins reprendre une fois ces démarches entreprises.

La justice condamne aussi Mobipel et MCRA (l’entreprise en charge du management des centres d’appels Free) à verser 2 500 euros « au comité d’entreprise de la société et syndicats SUD, CGT et CFDT », pour les frais de séance.

À lire aussi >> Tous nos articles sur Free

Police / Justice Économie
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Feuilleton judiciaire de Marine Le Pen : trois questions et deux scénarios
Justice 8 juillet 2026

Feuilleton judiciaire de Marine Le Pen : trois questions et deux scénarios

Si l’attention politique et médiatique s’est resserrée autour de la candidature de la cheffe de file du Rassemblement national pour 2027, l’agenda judiciaire ne doit pas être occulté.
Par Céline Martelet
« Pour garantir la sérénité des débats », le procès de Rima Hassan pour apologie du terrorisme renvoyé
Justice 8 juillet 2026 abonné·es

« Pour garantir la sérénité des débats », le procès de Rima Hassan pour apologie du terrorisme renvoyé

Le 7 juillet, le procès en correctionnelle de l’eurodéputée pour apologie du terrorisme, suite à un message posté sur X, a été renvoyé à octobre. Les magistrats ont suivi la demande de renvoi de son avocat et estimé que la sérénité des débats n’était pas garantie.
Par Céline Martelet
Légitime défense des policiers : une lubie de l’extrême droite en voie de normalisation
Analyse 6 juillet 2026 abonné·es

Légitime défense des policiers : une lubie de l’extrême droite en voie de normalisation

Longtemps cantonnée aux syndicats policiers et à l’extrême droite, la présomption de légitime défense des forces de l’ordre est désormais reprise par le gouvernement. À l’approche de 2027, cette bascule raconte le glissement d’une partie de la classe politique vers les thèses du Rassemblement national.
Par Maxime Sirvins
Permis de tuer : comment la présomption de légitime défense fabrique l’impunité des policiers
Analyse 6 juillet 2026

Permis de tuer : comment la présomption de légitime défense fabrique l’impunité des policiers

Examinée à l’Assemblée nationale le 7 juillet, la proposition de loi instaurant une présomption d’usage légitime des armes pour les forces de l’ordre inverse la charge de la preuve. Avec le projet de loi Ripost, débattu ce lundi 6 juillet, elle dessine un même mouvement : plus de police, moins de justice.
Par Maxime Sirvins