Les Irlandais votent sur l’IVG

L’Assemblée des citoyens, une expérience innovante de démocratie délibérative, a poussé à la tenue, le 25 mai, d’un référendum sur l’avortement, toujours illégal sur l’île, bousculant les conservateurs.

Quentin Bleuzen  • 16 mai 2018 abonné·es
Les Irlandais votent sur l’IVG
© photo : Une militante du collectif pro-choix Rosa pose avec un badge « abrogation du 8e amendement », le 14 avril à Dublin. Artur Widak/NurPhoto/AFP

Ça ne semblait être qu’un prétexte pour repousser l’épineuse question, botter en touche en attendant que les esprits se calment. Mais l’Assemblée des citoyens, une réunion de 99 Irlandais choisis aléatoirement en octobre 2016, a eu l’effet inverse, et son rapport a accéléré l’avènement du tant attendu référendum sur l’avortement. Jusqu’ici, les conservateurs irlandais préservaient tant bien que mal le 8e amendement de la Constitution, qui avait introduit « le droit à la vie » de la mère et de l’enfant non né. Le 25 mai, il pourrait être aboli si les électeurs autorisent l’Oireachtas (le Parlement irlandais) à revoir la législation interdisant l’avortement.

Ce 8e amendement, instauré par référendum en 1983, interdit tout recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), à moins que la vie de la femme ne soit en danger. En 2013, après plusieurs scandales, le législateur avait établi que le risque de suicide entrait dans cette catégorie, et conditionné l’intervention à l’avis positif de trois médecins, dont deux psychiatres. Non seulement l’IVG reste illégale dans tous les autres cas de figure, mais elle est passible de quatorze ans de prison.

En 2012, le décès de Savita Halappanavar, une Indienne de 31 ans à qui un hôpital de Galway avait refusé une IVG alors qu’elle faisait une fausse couche, avait provoqué de vives réactions dans le pays et à l’étranger. Avant cela, en 2010, la législation irlandaise avait été épinglée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). La

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