La Macronie prise au piège de sa brutalité

Le Président récolte les fruits de deux années de « thérapie de choc » sur les dossiers sociaux. Un échec qui compromet un agenda encore chargé.

Depuis son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron faisait feu de tout bois. Réécriture du code du travail, choc fiscal, détricotage de la politique de logement social, privatisation de la SNCF et d’Aéroports de Paris… Une « thérapie de choc » qui lui a permis de faire passer des réformes majeures en assommant les résistances. Mais dont il paye aujourd’hui le prix par une coagulation des colères, qui surgissent avec d’autant plus de violence qu’elles étaient tues jusqu’alors. Au point que la Macronie pourrait désormais être forcée de changer de politique, sur la forme comme sur le fond.

Malgré un léger coup d’arrêt ressenti depuis l’affaire Benalla, qui va de pair avec une reprise en main par Matignon des dossiers sociaux, le rythme des réformes devait officiellement rester soutenu durant les prochains mois. Avec des lois du même acabit, voire plus explosives, que celles qui ont marqué le début du quinquennat. Ciblant des petites entailles sur les « grandes masses budgétaires », qui se traduisent par des pertes bien réelles pour les plus précaires.

Les négociations sont ainsi en cours jusqu’au 15 janvier pour une réforme de l’assurance chômage, censée dégager d’énormes économies budgétaires (entre 3 et 3,9 milliards d’euros sur trois ans, dont 90 millions annuels sur le régime des intermittents du spectacle). Parmi les pistes les plus probables, figure l’idée d’une baisse des indemnisations pour les précaires, par le biais d’un nouveau mode de calcul des allocations. Environ 20 % des personnes en chômage partiel pourraient perdre une surcote appliquée aujourd’hui à leurs allocations, qui représente 8 à 10 % de son montant.

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