Les anti-PMA changent de couleurs, pas de logiciel

Quelque 75 400 anti-PMA ont défilé, dimanche 6 octobre, entre Luxembourg et Montparnasse. Si le public et les organisateurs n’ont guère changé depuis la Manif pour tous, ils empruntent désormais aux écologistes et à la gauche.

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Même s’ils n’étaient que 75 400, comme l’affirme le cabinet Occurrence mandaté par un collectif de médias, les anti-PMA étaient, dimanche 6 octobre, très nombreux à défiler entre Luxembourg et Montparnasse. Pour la plupart en couple avec toute leur portée comme à l’époque des raouts de la Manif pour tous contre le mariage homosexuel. Mais si le public et les organisateurs n’ont guère changé, ces derniers empruntent désormais aux écologistes et à la gauche. La manif a été remplacée par « une marche », plus tendance. Les drapeaux frénétiquement agités ne sont plus bleus et roses, mais rouges et verts, cette couleur étant de loin la plus fréquente. Comme pour coller à la mode écolo reprise dans les discours et sur les pancartes. Ici on réclame « des enfants bio », un texte lu à la tribune appelle les « grandes personnes » à « respecter la nature, toute la nature » et à « la transmettre intacte aux générations futures ».

Des slogans de la gauche sont détournés : « Nos pères valent plus que vos profits », clame une banderole officielle au-dessus d’une frise représentant des manifestants (voir photo ci-dessus). Présente sur le tract d’appel, le pupitre de la tribune, et toutes les banderoles, elle s’inspire de celle qui, en 2012, ornait tous les tracts des candidats du Front de gauche. L’accaparement des symboles ne s’arrête pas là. Les organisateurs ont annoncé descendre à nouveau dans la rue le 1er décembre, journée mondiale contre le sida, le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, et le 17 mai, journée internationale contre l’homophobie et la transphobie. Une sacrée provocation.


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