« À Lyon, il y a de grandes traditions de coopération sur les questions sociales »

Raphaël Ruffier-Fossoul, ancien rédacteur en chef de Lyon Capitale, fondateur de L’Arrière-Cour, média consacré aux élections 2020 *, nous livre son point de vue sur le scrutin de dimanche.

Oriane Mollaret  • 29 juin 2020
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« À Lyon, il y a de grandes traditions de coopération sur les questions sociales »
© Photo : Gérard Collomb le 15 mars 2020.Photo : JEFF PACHOUD / AFP

Lyon, ce n’est pas Collomb ! C’est le problème des élus : quand ils restent trop longtemps au pouvoir, ils ont l’impression que la ville leur appartient. Gérard Collomb a fait le mandat de trop, tout simplement. Il s’est présenté une nouvelle fois alors qu’il était manifeste que la ville souhaitait un renouvellement. Je m’attendais à ce qu’il y ait une vague verte. C’est une bonne nouvelle pour la ville. Ce n’est pas du tout anecdotique : les écologistes sont peut-être en train de construire une alternative nationale !

Lyon peut réellement devenir une référence en matière d’écologie. Peu de villes ont à la fois le poids universitaire, la force économique et une tradition humaniste permettant d’impulser une dynamique sur la question climatique qui soit susceptible de devenir un modèle.

Ce n’est pas encore le cas aujourd’hui, mais on voit qu’il y a des attentes. Dans le milieu universitaire, ils sont des centaines à s’engager dans cette voie, et Grégory Doucet me disait dans une interview que l’humanisme à la lyonnaise était une vraie richesse. C’est ce qui fait la spécificité et la force de Lyon : il y a toujours eu de grandes traditions, à la fois maçonniques et chrétiennes, de coopération sur les questions sociales. La ville a connu les premières révoltes ouvrières, et beaucoup d’inventions sociales au XIXe siècle. La tradition du dialogue qui s’y est créée fait que, lorsque la machine se met en route, elle arrive plus qu’ailleurs à ses fins. Mais, bien entendu, il y a du boulot…

Aujourd’hui, le plus grand enjeu auquel font face les écologistes, c’est la démocratie locale, parce qu’ils arrivent avec peu d’élus sortants, donc peu d’expérience et de technique. Leur projet est relativement court, mais ils ont posé quelques grandes ambitions et une manière de faire différente, en coconstruction avec la population dans de nombreux domaines. Ils ont conscience qu’ils arrivent dans un contexte très particulier, avec une crise à gérer. Leur discours, dimanche soir, s’adressait au milieu économique, au monde associatif et à la société civile pour leur dire : “On a besoin de vous, on n’y arrivera pas tout seuls. Venez prendre votre part.”

Cette équipe, ce sont des personnes avec des idées différentes, des manières de faire différentes, et cette expérimentation sera extrêmement intéressante à suivre.


Politique
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