Relance : Un plan de continuité

La masse d’argent public que le gouvernement prévoit de déverser le sera sans condition. Comme par le passé.

Nécessaire pour enrayer la crise économique causée par la pandémie de Covid-19, répondre à l’accroissement de la précarité sociale qu’elle génère, et opérer la transition écologique que réclame le changement climatique, le plan de relance n’est plus guère une priorité politique pour le gouvernement. Sous la pression de l’opposition de droite et des chaînes d’info qui en ont fait leur miel, l’exécutif, Emmanuel Macron en tête, multiplie les déclarations sur une prétendue « banalisation de la violence » qui se serait « accélérée à la sortie du confinement » et la nécessaire restauration de « l’ordre républicain ». Le chef de l’État devrait s’exprimer à nouveau sur le sujet ce vendredi et a prévu de mettre ces questions de « sécurité et de justice » au menu du séminaire gouvernemental du 9 septembre. Plusieurs sondages indiquent pourtant que ce sujet préoccupe moins les Français que l’emploi, la santé, l’environnement ou le pouvoir d’achat.

C’est à ces préoccupations que devrait répondre le plan de relance économique du gouvernement annoncé depuis des mois. Initialement annoncé pour le 25 août, repoussé de quelques jours, dans un contexte d’accélération de la circulation du virus, il devrait enfin être détaillé ce jeudi par le Premier ministre. Mais, étonnement, Jean Castex a prévu de le faire dans la matinale de RTL. En choisissant de s’adresser ainsi à un large public sur une radio d’audience populaire, il compte sans doute moins s’appesantir sur les détails de son plan que répondre aux critiques que celui-ci suscite déjà depuis la présentation très pro-business qu’il en a faite devant le Medef de son « cher Geoffroy » Roux de Bézieux. Le Premier ministre y a assumé privilégier une « relance par l’offre et l’investissement » plutôt que par la demande, qui n’aurait pas besoin d’être soutenue puisque, selon lui, « les revenus des ménages ont été préservés dans la crise » et « la consommation est repartie après le confinement ».

La plus grosse partie de ce plan, d’un montant total de 100 milliards d’euros, ira donc aux entreprises.

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