Algérie : Cinglant désaveu pour le système

Le référendum constitutionnel du 1er novembre a été marquée par l’extrême faiblesse du taux de participation.

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Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, qui a remplacé Abdelaziz Bouteflika (dont on ne savait même plus s’il était vivant) à la suite des manifestations impressionnantes partout en Algérie l’an dernier, espérait que le référendum constitutionnel du 1er novembre allait enfin « solder » le Hirak. Après dix-huit mois de mobilisation populaire, le vaste mouvement de contestation a été interrompu par l’épidémie de Covid-19, mais aussi par une dure répression. Fixée le jour anniversaire du début de la guerre d’indépendance, cette consultation électorale a été marquée par l’extrême faiblesse du taux de participation : 23,7 %, soit le plus bas depuis 1962. Le « oui » l’a emporté mais, au final, c’est seulement 15 % du corps électoral qui a validé la nouvelle Constitution.

Ce véritable camouflet pour « le système », comme les Algériens désignent le pouvoir FLN toujours en place, vient signifier l’échec complet de sa tentative de reconquête de l’opinion, après l’élection présidentielle de décembre 2019, qui avait peiné à mobiliser 40 % des électeurs. Si les Algérois·es ont ostensiblement vaqué à leurs obligations – sans aller voter –, certains incidents ont eu lieu dans les principales villes de Kabylie avec des manifestations hostiles au référendum, qui n’a quasiment pas pu se tenir : dans le chef-lieu, Tizi-Ouzou, la participation s’élève officiellement à… 0,07 % ! Moins d’un an après l’élection présidentielle, le pouvoir apparaît déjà moribond, même au sens propre : alors qu’en juin il proclamait le système de santé algérien « le meilleur au Maghreb et en Afrique », le président Tebboune, 74 ans, a été transféré en urgence le 28 octobre dans un hôpital… en Allemagne. Cette hospitalisation, certainement pour cause de Covid-19, l’a en outre empêché de présider ce jour-là l’inauguration de la toute nouvelle grande mosquée d’Alger, chantier pharaonique lancé par Bouteflika, qui a coûté des centaines de millions d’euros. Alors que l’épidémie connaît une recrudescence dans le pays, l’opposition calcule combien d’hôpitaux auraient pu être construits avec cette fortune…


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