L’« écocide » méritait mieux

Le délit d’écocide créé par le gouvernement est très éloigné de l’ambition d’origine.

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Qu’ils étaient fiers dans les pages du Journal du dimanche ! Barbara Pompili et Éric Dupond-Moretti étaient sûrs de leur coup d’éclat avec leur annonce tonitruante : la création d’un délit d’écocide ! Réactions instinctives : « Quelle audace ! », « Enfin des politiques qui veulent sauver la planète ! », « La Convention citoyenne pour le climat (CCC) est enfin écoutée ! » Après le réflexe, la réflexion. « Mais quèsaco le délit d’écocide ? » Bonne question. Pour l’association Wild Legal – soutien du groupe écocide de la CCC –, ce texte est « éloigné de l’ambition d’origine et se limite aux problématiques de pollutions locales au lieu de prendre la mesure des enjeux actuels et de la mise en péril des conditions de vie sur Terre due aux atteintes à l’équilibre des milieux naturels ». Encore un filtre qui ne dit pas son nom aux propositions de la CCC.

« Le gouvernement enterre le “crime d’écocide” au profit d’un “délit général de pollution” qui n’a aucun rapport. Sacré exercice de communication au passage : les ministres reprennent le terme d’écocide, mais c’est pour mieux l’abandonner et le remplacer par tout autre chose », tacle Arnaud Gossement, avocat spécialisé dans le droit de l’environnement. Emmanuel Macron était beaucoup plus vaillant la veille du G7 à Biarritz lorsqu’il déclarait qu’un « écocide est en train de se développer à travers l’Amazonie, et pas seulement au Brésil ». À cet instant t, le président français avait besoin de redorer son costume de leader international… Mais, aujourd’hui, l’Amazonie semble loin. Encore une fois, la vision court-termiste et non globale prime. De la poudre de perlimpinpin verte. Et ce tour de passe-passe risque d’occulter les bonnes nouvelles : la création d’un délit général de pollution et d’un délit de mise en danger de l’environnement. Tout le monde est d’accord pour dire que la répression pénale des atteintes à l’environnement est cruciale ! En espérant que les moyens humains, financiers, matériels suivront pour ne pas ajouter de la détresse sociale aux inspecteurs de l’environnement déjà en sous-effectif et burn-out…


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