Un reconfinement de retard

Avec la nouvelle flambée de l’épidémie de Covid-19, l’histoire se répète.

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« Un confinement de retard », affichions-nous en une de Politis le 19 mars. L’histoire se répète, avec une nouvelle flambée de l’épidémie de Covid-19. Et des informations qui montrent que cette deuxième vague sera plus meurtrière que la première. L’expérience du printemps montre que le confinement est efficace pour freiner le virus, non pour l’éteindre – seuls un vaccin ou un traitement y parviendront. Or le frein est d’autant plus efficace que le couvercle est étanche : les demi-mesures, tel le couvre-feu, n’ont guère d’impact. Plusieurs voix appelaient à un confinement strict dès la rentrée de septembre, pour espérer un répit avant la fin de l’année.

Le gouvernement n’en a pas pris le chemin, inquiet sans doute d’une mesure impopulaire alors que sa crédibilité était déjà très entamée. Des ministres ont préféré se précipiter dans les surenchères extrémistes après l’ignoble assassinat de Samuel Paty, pensant ainsi détourner l’attention. Jean-Michel Blanquer le premier, qui semble totalement indifférent au sort des enseignant·es, livré·es à un protocole sanitaire indigent. Le 28 octobre, Emmanuel Macron a répété que la France vivait la même crise que ses voisins européens ; c’est vrai, mais il omet de dire que nos voisins ont préparé la rentrée en mobilisant des lieux et du personnel pour garantir l’enseignement. Les profs, le personnel des Ehpad et des hôpitaux, les quartiers populaires déjà délaissés par les services publics, les salarié·es qui ne peuvent télétravailler : une immense part de la population est appelée à monter au front sans sourciller et sans espérer grand-chose en compensation. Le taux de pauvreté a déjà explosé et va sans nul doute s’accroître encore, mais l’équipe Castex s’en moque, focalisée sur son fonds de commerce – les plus riches – et ses dividendes attendus – la présidentielle de 2022.

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