Charles Tillon, un héros communiste broyé au XXe siècle
Une passionnante biographie retrace le destin de cet ouvrier breton devenu chef des FTP durant la Résistance puis ministre à la Libération. L’auteur n’est autre que son petit-fils.
dans l’hebdo N° 1647 Acheter ce numéro

© AFP
Pauvre Parti communiste français (PCF) ! Et pauvre Troisième Internationale… Mais qu’avait donc ce grand parti, avec ses centaines de milliers d’encartés, sinon des millions (après la Libération), à ne cesser d’exclure les meilleurs des siens ? Une évolution, suivant là une morgue toute stalinienne, qui le mènera progressivement à une lente déchéance, sur fond de révélations des crimes de masse d’un système soviétique que le PCF s’obstinera à défendre jusqu’au bout. Ce qui n’a pas peu contribué à sa descente dans les abîmes électoraux. Car, si cela peut surprendre aujourd’hui les plus jeunes générations, il fut un temps, à la Libération, où le PCF, auréolé de son rôle dans la Résistance, recueillait près de 30 % des voix. Et ne craignait pas, alors, d’exclure nombre de ses militants ! Le plus souvent à l’issue de « procès » fantasques dignes de son modèle stalinien, revendiqué fièrement (jusqu’en 1956), puis soviétique.
Hormis lorsqu’il s’agissait d’un haut responsable du parti, le rituel était presque toujours le même, bien préparé. Lors d’une simple réunion de cellule, un dirigeant d’un échelon supérieur de l’appareil débarquait sans prévenir pour enfiler les habits de procureur et débiter une mise en