2022, année terrible. 2023, année de combat ?

L’année 2022 s’est terminée, traversée de crises plurielles, sur fond d’un macronisme plus méprisant que jamais, asséné à grands coups de 49.3. En 2023, une contestation massive sera non seulement souhaitable, mais nécessaire.

Pierre Jacquemain  • 30 décembre 2022
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2022, année terrible. 2023, année de combat ?
© Planet Volumes / Unsplash.

Quelle année difficile. Quelle année terrible. Après bientôt trois années de covid, la France, l’Europe, le monde, sont plongés dans une crise majeure. Une crise plurielle : économique, sociale, écologique, démocratique, diplomatique, écologique, sanitaire, alimentaire. La liste est longue. Et rien ne va.

La guerre frappe l’Europe. L’Europe frappe l’Afrique. La France s’émeut du sort funeste réservé aux ouvriers de la coupe du monde qui s’est déroulée au Qatar et continue de vendre fièrement ses armes à l’Arabie saoudite qui massacre le peuple yéménite. Nos indignations sont sélectives. Les Ukrainiens sont agressés chaque jour sur leur sol. Ils ont froid. Ils ont faim. Nous les accueillons. Et c’est très bien.

Nos indignations sont sélectives.

Les Érythréens, les Afghans, les Syriens, les Somaliens parcourent des milliers de kilomètres pour franchir les portes de l’Europe, pour échapper à la mort et – quand ils ne succombent pas en Méditerranée ou dans la froideur des monts alpins – nous les accueillons à coup de barbelés et de loi « asile et immigration » toujours plus inhumaine et humiliante.

Quelle année difficile. Quelle année terrible. Rendez-vous compte, ces députés macronistes qui n’ont pas été reconduits en juin dernier et qui peinent à retrouver un emploi. Près de 4300 € d’indemnité pendant deux ans. Les pauvres. Plaignons-les un peu. Pleurons-les beaucoup. Aidons-les peut-être à traverser la rue. Une indemnité qui n’incite ni n’invite à retrouver n’importe quel emploi, comme on le demande désormais au plus de trois millions de chômeurs en France à qui l’on a sabré le montant des indemnités. Salauds de pauvre !

Quelle année difficile. Quelle année terrible. Rendez-vous compte ce pognon de dingue. Celui du covid et de la crise énergétique. Ce que ça coûte d’aider les Français les plus modestes. Saviez-vous que les aides aux entreprises ont représenté l’un des plus importants postes budgétaires des administrations publiques ? Saviez-vous que ces aides n’ont été assorties d’aucune exigence sociale ou écologique ? Que ces entreprises, à commencer celles du CAC 40, ont touché la plus grande part de ces aides publiques en faisant des bénéfices records, distribuant des dividendes records tout en licenciant et aggravant le dérèglement climatique ?

La République exemplaire ? Macron n’en a que faire.

« Pognon de dingue », qu’il disait. L’hôte de l’Élysée trône au 55 de la rue du Faubourg Saint-Honoré depuis bientôt six ans et les effets du ruissellement se font attendre. Qu’est-ce que le macronisme ? On pensait que l’État disparaîtrait au profit d’un libéralisme exacerbé et on se retrouve avec un État tout puissant. La toute-puissance de l’État, ses ressources et ses moyens – nos impôts – mis à la disposition de ceux qui ont déjà tout.

Il nous avait promis un quinquennat nouveau. Un quinquennat marqué par le dialogue. Une pratique nouvelle. Depuis mai dernier, le gouvernement gouverne à coup de 49.3. Tu parles d’une méthode. Et alors que se prépare l’une des réformes les plus structurantes pour nos vies, la contre-réforme des retraites, un nouveau passage en force contre l’avis de tous – patronat excepté – est à craindre dans les tous prochains jours de l’année.

Qu’est-ce que le macronisme, disais-je ? C’est un néolibéralisme autoritaire. Point. On en rigole jusque dans les petites sauteries des ministères où l’on peut discrètement porter les habits neufs du mépris social. Parce que le macronisme est aussi un mépris. Des « Gaulois réfractaires » aux « illettrés de Gad » en passant par « ceux qui ne sont rien », le cadeau des ministres à la Première ministre, le maillot de l’Équipe de France floqué d’un 49 à l’avant et d’un 3 à l’arrière, s’inscrit dans la continuation à peine voilée d’une gouvernance : « Nous ne sommes pas le gouvernement du peuple », nous disent-ils.

Ils sont le gouvernement d’une caste. Emmanuel Macron est entouré d’homophobes ? D’agresseurs sexuels ? D’accusés de prise illégale d’intérêt ? De mis en examen pour détournement de fonds publics ? De condamnés pour harcèlement psychologique ou sexuel, violence volontaire avec une arme ? Broutilles. En cinq ans de macronie, on compte neuf condamnations, neuf mises en examen et onze enquêtes en cours. La République exemplaire. En réalité, Macron n’en a que faire.

Une contestation massive n’est pas à souhaiter, elle est nécessaire.

Jusqu’à quand ? C’est tout l’enjeu de 2023. Les conditions sont largement réunies pour une contestation massive. Elle n’est pas seulement à souhaiter, elle est absolument nécessaire. Contre Macron. Mais aussi pour son opposition de gauche. Pour que la gauche rejaillisse. C’est tout ce qu’on nous souhaite pour 2023. Et Politis, qui fête ses 35 ans en ce mois de janvier, y contribuera pleinement. Comptez sur nous.

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Parti pris

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