Une voix philo dans la voie pro
Ils sont les seuls élèves de terminale à ne pas recevoir d’enseignement de philosophie. Des expérimentations ont pourtant donné un résultat très positif.

© FANATIC STUDIO / SCIENCE PHOTO L / FST / Science Photo Library via AFP.
C’est une différence entre la voie générale et les autres qui en dit plus sur la vision politique de cette filière que sur la filière elle-même : les néobacheliers professionnels sont les seuls lycéens qui, en terminale, n’étudient pas la philosophie. L’absence de cette matière dans leur emploi du temps interpelle les élèves : « On a l’impression d’être à part, de ne pas être des lycéens comme les autres », constate Lucie*, scolarisée dans un lycée professionnel de Lille. Mais, cette année, la jeune fille commence à se familiariser avec la matière au travers de l’atelier de philosophie. « Au début, j’avais un peu peur de dire des bêtises, que ce soit trop intello pour moi. Finalement, j’adore ça ! C’est le seul cours où on nous demande ce que l’on pense et où on peut donner son avis. »
Depuis la rentrée 2021, son établissement, comme une dizaine d’autres au sein de l’académie lilloise, expérimente l’enseignement de la philosophie pour la voie professionnelle. Le plus souvent avec des cours en co-intervention, dispensés par un enseignant de lycée professionnel et un autre de philosophie. Au lycée polyvalent Lumière de Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône), c’est Martine Eggenspiller qui assure ce rôle, aux côtés de sa collègue professeure de lettres et d’histoire. « Une heure par semaine, j’interviens dans son cours, qui est donc consacré à la philosophie. C’est la -troisième année que nous faisons ça, et je compte bien continuer », s’enthousiasme l’enseignante.
On a l’impression d’être à part, de ne pas être des lycéens comme les autres.
Des élèves en progrèsIl faut dire que les premiers bilans de ces initiatives sont très positifs. C’est ce qu’a constaté l’académie de Toulouse lorsqu’en 2017 une expérimentation importante est menée parmi treize lycées professionnels. « Dans l’ensemble, le dispositif a été accueilli très positivement, indique le bilan. Beaucoup d’élèves de lycée professionnel ne comprennent pas que les autres élèves de terminale (générale ou technologique) fassent de la philosophie, mais pas eux. Beaucoup d’entre eux sont donc demandeurs, même si cela s’accompagne aussi d’une inquiétude quant à leur capacité à suivre un enseignement qui
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