En Iran, l’effroi de la population civile

« Rising Lion » – le soulèvement du lion –, c’est le nom de l’attaque massive lancée le 13 juin à l’aube par Israël contre l’Iran. Une nouvelle opération militaire qui a fait basculer les deux pays dans la guerre. La population iranienne, déjà opprimée par un régime totalitaire théocratique, craint le pire.

Céline Martelet  • 17 juin 2025 abonné·es
En Iran, l’effroi de la population civile
Les boutiques du Grand Bazar de Téhéran sont fermées à la suite de la déclaration de Donald Trump appellant à l’évacuation immédiate de la ville, le 17 juin.
© Fatemeh Bahrami / Anadolu via AFP

Peu d’images nous parviennent d’Iran. Juste quelques vidéos diffusées par les différentes chaînes de télévision, contrôlées par la République islamique. Sur l’une d’elles, diffusée le 14 juin, on peut voir une centaine d’habitants de Téhéran défiler au milieu des voitures. Ils hurlent « mort à Israël, mort à l’Amérique ». Des femmes prennent la parole pour se réjouir des salves de missiles balistiques tirées sur Tel-Aviv. Des enfants agitent sans conviction des drapeaux iraniens.

Un rassemblement aux airs d’opération de communication organisée dans l’urgence pour donner l’image d’un pays uni. Loin de cette propagande, les Iraniennes et les Iraniens racontent leur effroi, leur sidération. « La situation est grave, on a peur, confie par message audio Parisa*. On est toujours à Téhéran parce que mon père ne veut pas partir, alors on reste avec lui. » La mère de famille de 38 ans s’interrompt. Un bruit sourd résonne derrière elle : « Vous entendez les bombes ? »

Depuis le début de la guerre, des milliers de familles ont fui la capitale en voiture pour se réfugier à la campagne. Depuis son réseau social Truth Social, Donald Trump, le président des États-Unis, a appelé les neuf millions d’habitants de cette mégalopole à quitter leur domicile. « Des amis ont pris la route mais ils sont restés bloqués, les embouteillages sont énormes. Certains ont dû faire demi-tour », ajoute Parisa.

Les stations-service ont été prises d’assaut ces derniers jours partout dans le pays, et chaque propriétaire de voiture n’est autorisé qu’à prendre 25 litres de carburant. Les rues de Téhéran sont vides. Toutes les administrations, les entreprises sont fermées. Seuls les magasins qui vendent de la nourriture sont encore accessibles. L’accès à internet se dégrade d’heure en heure.

Les derniers bilans évoquent plusieurs centaines de morts, dont des femmes et des enfants, selon les autorités iraniennes. Sur les réseaux sociaux, le visage des jeunes victimes commence à circuler. Ces fillettes et ces garçons sourient dans des tenues de fête, ou d’écoliers. Tous ont été tués dans des frappes aériennes israéliennes. « J’ai dû expliquer à mon fils de 9 ans que les bombardements ne frappaient que les méchants. J’ai menti, mais c’est comme cela que j’ai pu le calmer les dernières nuits », raconte Marjan*, une mère de famille qui vit dans l’une des grandes villes iraniennes également prises pour cible.

Benyamin Netanyahou affirme pourtant sans sourciller agir au nom du peuple iranien. Quelques heures seulement après le lancement de son opération militaire, le premier ministre israélien leur adressait un

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