La France, au centre de la montée des violences d’extrême droite en Europe

Un rapport universitaire revenant sur plus de 30 ans de violences d’extrême droite montre qu’elles sont perceptibles dans tous les pays d’Europe de l’Ouest. En France, cette radicalité se renforce au point de placer le pays au deuxième rang des agressions d’extrême droite en 2023.

Maxime Sirvins  • 21 juillet 2025 abonné·es
La France, au centre de la montée des violences d’extrême droite en Europe

Le RTV Trend Report 2024, publié par le Centre de recherche sur l’extrémisme (C-REX) de l’université d’Oslo, dresse l’état des violences d’extrême droite en Europe de l’Ouest depuis 1990. L’année 2023 a été marquée par une seule attaque mortelle et « une stabilité » des violences dans plusieurs pays. Mais en France, les violences ont explosé.

Une radicalité française en pleine accélération

Avec 83 attaques non-mortelles recensées sur l’année, ayant causé au moins 115 blessés graves, le phénomène est massif. Il recouvre un spectre large de violences : agressions physiques à coups de barres de fer, attaques à l’arme blanche, cocktails Molotov, parfois même recours à des explosifs artisanaux. L’Allemagne, le Royaume-Uni et la Grèce, longtemps en tête des violences d’ultradroite, enregistrent une légère accalmie.

(Infographie : Maxime Sirvins.)

En France, à rebours de cette tendance, la progression est radicale : 21 attaques ont été recensées rien qu’en 2023, contre une moyenne de six par an sur la décennie écoulée. Le pays devient ainsi le deuxième le plus touché en Europe, juste derrière l’Allemagne. « La montée électorale de partis d'extrême droite comme le Rassemblement national, combinée à la position ambiguë de personnalités influentes de l'extrême droite comme Éric Zemmour sur la violence, semble encourager les acteurs d'extrême droite », soulève le rapport norvégien.

Des agressions ciblées et coordonnées

Cette poussée s’inscrit dans un contexte de radicalisation structurelle. À Paris, Lyon, Nantes et Angers et ailleurs, les cibles sont identifiées. Étudiants, militants antifascistes, personnes perçues comme immigrées ou musulmanes deviennent les premières victimes. En mai 2023, à Tours, un lycéen de 17 ans attaque le centre LGBT local à l’aide d’un explosif artisanal à base d’acide.

Mais « les violences racistes, notamment contre les musulmans et les personnes d'origine arabe, restent les plus courantes », notent les chercheurs. Quelques semaines après l’attentat à Tours, à Romans-sur-Isère, la mort de Thomas P., poignardé lors d’une fête de village, est instrumentalisée par l’extrême droite : une ratonnade visant les habitants d’un quartier populaire est menée dans un climat de haine raciale.

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Ces violences de rue ne sont que la partie émergée d’une menace plus profonde. Le procès de la cellule clandestine Action des

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