Budget : après l’échec du compromis, Lecornu s’en sort par la force
Devant son incapacité à faire vivre sa méthode de gouvernement, le premier ministre renonce à son engagement sur le 49.3. Mais il devrait réussir à tenir et imposer son budget grâce à la fébrilité des socialistes et de la droite.

© JULIEN DE ROSA / AFP
Que lui restera-t-il après ses mots ? « Nous avons décidé, et je dois le dire à titre personnel, avec une certaine forme de regret et un peu d’amertume, d’engager la responsabilité du gouvernement. » Après une heure de conseil des ministres ce 19 janvier et des mois de débats budgétaires enlisés, Sébastien Lecornu est bien obligé de l’admettre : il ne tiendra pas sa promesse originelle, celle de ne pas utiliser le 49.3. « J’ai conscience que je suis obligé de revenir sur ma parole, concède-t-il. Mais en même temps, pour tenir parole, il faudrait que je m’entête. Et pour s’entêter, on finirait par dire que je suis têtu. Et je ne veux surtout pas avoir l’égo mal placé et être source de désordre. »
L’argumentaire est serpentueux. Il révèle surtout l’incapacité du premier ministre à faire naître un compromis parlementaire, à faire vivre sa méthode. Et le reniement du locataire de Matignon n’est pas que symbolique. Ce renoncement balaie d’un revers de main tout ce qui a construit sa légitimité politique en tant que chef de gouvernement. La « méthode Lecornu » n’existe plus. Désormais, que représente-t-il politiquement ? L'intéressé a tendance à relativiser : « C’est un semi-succès et un semi-échec ». Alors pour rattraper le coup, il planche depuis quelques jours sur une copie budgétaire censée contenter tout le monde.
Aux socialistes, Sébastien Lecornu accorde une hausse de la prime d’activité de 50 euros par mois, une généralisation des repas étudiants à 1 euro, une augmentation du Fonds vert, plus de moyens pour le logement social, l’annulation de toutes les économies sur les APL et, surtout, le maintien à 8 milliards d’euros de la surtaxe
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