Soutenir ou partir : à Moscou, une jeunesse sous contrôle
Un samedi soir à Moscou, des jeunes se confient sur leur envie de quitter le pays et sa « fucking corruption », la peur d’être mobilisé au front, et le contournement des blocages d’internet. D’autres affichent leur fierté d’être Russes.
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Début de soirée à Kitaï Gorod, quartier du centre de Moscou. Ciel d’acier. Des bandes d’adolescents occupent une aire de jeux à l’abri des regards dont l’accès, comme celui des bancs autour, est interdit par des rubans rouge et blanc. « Sûrement parce qu’ils [la police, NDLR] cherchent de la drogue », suppose Alla, étudiante en arts, qui fait passer sa cape à son amie en haussant les épaules. Une bâche parsemée de tags, parmi lesquels des croix celtiques et autres symboles fascistes, recouvre la façade d’un immeuble éventré. En été, les SDF s’y réfugient. L’endroit a été surnommé « Zig », en référence à un magasin de vêtements non loin.
Posé avec des amis sur de grosses pierres engrillagées, Artiom, un étudiant de 18 ans, confie son intention de partir de Russie au plus vite. « Mauvaise économie, mauvaise politique avec les migrants » et une « fucking corruption ». Il cracherait presque en prononçant ce dernier mot. « L’Europe, c’est fermé, les États-Unis, trop cher. » La Chine, estime-t-il, est un « pays progressiste » avec, qui plus est, « des gratte-ciel ».
Il se tourne pour s’occuper d’une toute jeune fille, teinture rousse, qui ne tient plus tellement debout à cause de l'alcool. Sur son téléphone, il trifouille son application VPN, teste un pays après l’autre, jusqu’à se connecter en Finlande, depuis laquelle il peut enfin accéder à Instagram. Depuis que Meta a été considéré comme « extrémiste » en Russie, c’est la marche à suivre pour contourner les blocages. Même affaire pour TikTok. « La seule chose qui nous reste, c’est Pinterest », grince Amina, 16 ans, au sujet des applications restreintes par le gouvernement. Un groupe d’hommes au crâne rasé, dont l’un porte un badge « FCK AFA » (hostile au
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