« L’unité de la filmographie de Youssef Chahine, c’est sa liberté »

Pour célébrer le centenaire de la naissance du cinéaste, le Festival international du film de La Rochelle propose une rétrospective du cinéaste natif d’Alexandrie et une table ronde à laquelle participe Marianne Khoury, sa nièce et productrice de son œuvre, dont elle travaille aujourd’hui à entretenir la mémoire. Entretien.

Christophe Kantcheff  • 25 juin 2026 abonné·es
« L’unité de la filmographie de Youssef Chahine, c’est sa liberté »
Youssef Chahine, ici en 1996, faisait montre d’un cosmopolitisme qui n’avait rien d’une invite à la mondialisation.
© Fema 2026 / Collection ChristopheL

Youssef Chahine avait pour habitude de se réveiller très tôt. Même avant l’aube. C’était le meilleur moment à ses yeux pour écrire. Parce que Le Caire endormi était calme. Mais il aimait aussi la capitale de jour, crépitante et populeuse, tout comme Alexandrie, à laquelle il était encore davantage attaché, y étant né le 25 janvier 1926. Des villes qui sont le cadre de plusieurs des 40 longs métrages qui constituent sa filmographie – sur près de soixante années d’activité, de 1950 à 2008, année de sa mort. Longtemps vu comme le porte-drapeau du cinéma arabe – une fonction qui n’avait aucun sens avec cet esprit si indépendant –, ­Chahine jouit aujourd’hui du statut de cinéaste universel – qu’on accorde plus volontiers aux Occidentaux.

En outre, son centenaire est aussi bien célébré aux États-Unis, en Inde, en France ou au Japon, ce qui est un juste retour des choses pour un homme dont le

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Cinéma
Temps de lecture : 12 minutes