« On ne sait pas aller vers les sans-abri »

Présidente
de la Fnars, Nicole Maestracci
met en cause les politiques publiques contre l’exclusion
et réclame une analyse fine des besoins pour mettre en place
des réponses adaptées.

Ingrid Merckx  • 22 novembre 2007 abonné·es

La première conférence de consensus sur les sans-abri affiche une volonté forte : sortir de la rue en s'attaquant aux racines de l'exclusion. Que recoupe cette notion d'exclusion ?

Nicole Maestracci : L'exclusion recouvre plusieurs notions qui ne sont pas superposables. La pauvreté, d'abord, notion monétaire qui désigne les gens vivant en dessous du seuil de pauvreté, soit 817 euros par mois selon les critères européens. Mais la pauvreté ne tient pas compte des autres aspects de la vie sociale, ni de l'évolution du pouvoir d'achat et du taux d'effort pour se loger, qui est devenu très important ces dernières années et pèse fortement sur les revenus faibles.

La précarité concerne des gens qui sont dans une situation si fragile qu'ils peuvent basculer à tout moment. Une situation beaucoup plus fréquente dans la mesure où les contrats à durée déterminée et les temps partiels subis conduisent à une multiplication des « travailleurs pauvres ». La pauvreté seule ne conduit pas nécessairement à l'exclusion. On est exclu quand, à une situation de pauvreté, s'ajoute l'isolement et/ou des problèmes graves, notamment de santé. Les exclus ont perdu leurs liens sociaux ou, si ceux-ci subsistent, ils sont distendus.

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Société
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