« On ne sait pas aller vers les sans-abri »

Présidente
de la Fnars, Nicole Maestracci
met en cause les politiques publiques contre l’exclusion
et réclame une analyse fine des besoins pour mettre en place
des réponses adaptées.

Ingrid Merckx  • 22 novembre 2007 abonné·es

La première conférence de consensus sur les sans-abri affiche une volonté forte : sortir de la rue en s'attaquant aux racines de l'exclusion. Que recoupe cette notion d'exclusion ?

Nicole Maestracci : L'exclusion recouvre plusieurs notions qui ne sont pas superposables. La pauvreté, d'abord, notion monétaire qui désigne les gens vivant en dessous du seuil de pauvreté, soit 817 euros par mois selon les critères européens. Mais la pauvreté ne tient pas compte des autres aspects de la vie sociale, ni de l'évolution du pouvoir d'achat et du taux d'effort pour se loger, qui est devenu très important ces dernières années et pèse fortement sur les revenus faibles.

La précarité concerne des gens qui sont dans une situation si fragile qu'ils peuvent basculer à tout moment. Une situation beaucoup plus fréquente dans la mesure où les contrats à durée déterminée et les temps partiels subis conduisent à une multiplication des « travailleurs pauvres ». La pauvreté seule ne conduit pas nécessairement à l'exclusion. On est exclu quand, à une situation de pauvreté, s'ajoute l'isolement et/ou des problèmes graves, notamment de santé. Les exclus ont perdu leurs liens sociaux ou, si ceux-ci subsistent, ils sont distendus.

Pourquoi nos sociétés

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Municipales : ces villes qui précarisent les mères isolées
Décryptage 9 février 2026 abonné·es

Municipales : ces villes qui précarisent les mères isolées

À l’approche des élections municipales, le collectif des Mères Déters a soumis aux candidats un pacte visant l’amélioration du quotidien des familles monoparentales. S’appuyant sur leur étude parue en 2025, les militantes dénoncent un impensé des politiques municipales et des situations hétérogènes selon les communes.
Par Alix Garcia
La pollution, un impensé colonialiste
Analyse 6 février 2026 abonné·es

La pollution, un impensé colonialiste

Chlordécone aux Antilles, pénuries d’eau à Mayotte, aires d’accueil de gens du voyage contaminées, quartiers populaires asphyxiés… Les populations racisées paient le prix fort d’un racisme environnemental que l’écologie dominante peine encore à nommer.
Par Thomas Lefèvre
À Hellemmes-Ronchin, « on paye pour notre mort »
Reportage 6 février 2026 abonné·es

À Hellemmes-Ronchin, « on paye pour notre mort »

Depuis plus d’une décennie, l’association Da So Vas dénonce des conditions de vie alarmantes sur l’aire d’accueil en bordure de Lille et demande des solutions de relogement. Ce lieu est devenu un symbole du racisme environnemental subi par les gens du voyage.
Par Thomas Lefèvre
La mémoire fragmentée des enfants d’immigrés
Histoire 5 février 2026

La mémoire fragmentée des enfants d’immigrés

Marquées par les traumatismes de guerre, de racisme ou de pudeur, les histoires familiales des enfants issus des générations postcoloniales peinent à être partagées. Face à ces silences, les enfants héritent d’une mémoire fragmentée, et peinent à retrouver leur récit.
Par Kamélia Ouaïssa