Devons-nous intervenir en Syrie ?
La situation en Syrie suscite inquiétudes et interrogations. Pour Pierre Piccinin, il est urgent de venir en aide aux insurgés. Pour Rony Brauman, une intervention armée serait contre-productive.
dans l’hebdo N° 1218 Acheter ce numéro
« Salaam aleikoum, Pierre. I think you call me… I’m sorry ; I can’t receive your call. Situation, here, in hospital, is so bad… Especially today ! It’s a crazy state… Ok... I hope to you… Bye-bye… Bye... » Cet appel, qui illustre de manière tragique le désarroi auquel sont abandonnés les insurgés de Syrie, je l’ai reçu il y a quelques jours. C’était le docteur Yasser Darwish, un des rares médecins de l’hôpital Dar al-Shifaa, à Alep, où affluent chaque jour des dizaines de blessés. J’étais en Syrie en juillet et en août, pour mon cinquième séjour. Je n’oublierai jamais les yeux de ce petit garçon qui s’est réfugié dans mes bras et que j’ai éloigné du spectacle insoutenable des corps de ses parents et de son grand frère, broyés par le plafond de béton de leur immeuble bombardé. Ni non plus ce 21 août : un hélicoptère avait tiré trois roquettes sur une foule lors d’une distribution de pain ; des véhicules se sont succédé pendant des heures, déversant morts, blessés, morceaux de corps humains sectionnés, déposés à même le trottoir. Tous les jours, j’ai été témoin de crimes contre l’humanité, tels que les définit le droit international. En juillet 2011, en décembre et en janvier ensuite, j’étais rentré de Syrie sceptique : les manifestants étaient peu nombreux ; seules quelques bourgades se révoltaient, et certains quartiers de Homs où j’avais rencontré les rebelles… En revanche, dans les grandes villes, des centaines de
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :
Pour aller plus loin…
Le revenu sans conditions est-il possible ?
Sortir de l’UE ou désobéir aux traités ?
Faut-il réformer le collège ?