Mélenchon va-t-il trop loin ?
Les propos du coprésident du Parti de gauche sur Pierre Moscovici et la finance internationale ont agité le milieu médiatique. Pour Benoît Schneckenburger, Mélenchon veut seulement briser le vocabulaire du consensus, porteur de violence. Louis–Jean Calvet dénonce quant à lui des imprécations « adolescentes ».
dans l’hebdo N° 1247 Acheter ce numéro
« Encore un dérapage ! » « Mélenchon passe les bornes ! » Que n’entend-on pas après chaque discours « cru et dru », comme aime à les qualifier le coprésident du Parti de gauche. Tactique communicationnelle pour « faire le buzz » ? Non, stratégie politique qui répond à la crise politique et sociale. Les bonnes consciences médiatiques s’insurgent lorsque des dirigeants du Parti de gauche nomment ceux qu’ils dénoncent. Ou plutôt nomment ce qu’ils dénoncent. Car, contrairement à ce qu’a pu dire François Hollande, la finance internationale a des visages. Nous ne vivons pas dans un monde virtuel et désincarné, les inégalités profitent à certains et atteignent la vie quotidienne du plus grand nombre. Une lecture matérialiste du monde nous invite à nous méfier des appellations génériques, comme « la finance » : elles masquent les processus et ne les rendent pas intelligibles. On ne comprend pas la course folle de la finance si l’on ne dévoile pas qui en profite ; qui, dans les conseils d’administration, prend les décisions ; qui, à force d’éditoriaux économiques, justifie les politiques libérales. L’argument