Et maintenant, « la guerre au terrorisme »

À peine apaisée l’émotion nationale, le gouvernement annonce un durcissement répressif. À droite, certains réclament un Patriot Act.

Patrick Piro  • 15 janvier 2015 abonné·es
Et maintenant, « la guerre au terrorisme »
© Photo: AFP PHOTO / GUILLAUME SOUVANT

Les quelque quatre millions de personnes qui ont défilé dimanche en France pour la démocratie et la liberté d’expression revendiquaient-elles donc un sursaut sécuritaire ? C’est ce qu’interprète Claude Guéant (UMP), ancien ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy : parmi les mesures à prendre, conséquence des attentats de la semaine dernière, il faudrait « une grande loi sur le renseignement » et la possibilité de prononcer la déchéance de la nationalité française. « Et des libertés peuvent être facilement abandonnées [^2] ». Le parti présidé par Nicolas Sarkozy est très rapidement monté au créneau pour réclamer un durcissement radical. Très actif, ce dernier estime notamment que les services de renseignement devraient pouvoir agir en dehors de toute procédure judiciaire [^3], car « la guerre a été déclarée à la France, à ses institutions, à la République, par des barbares ». Valérie Pécresse (UMP) lâche le terme qui résume le virage souhaité, réclamant via son compte twitter

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 5 minutes

Pour aller plus loin…

Au tribunal de Versailles, les violences sur mineur·es à la barre
Justice 15 juillet 2026 abonné·es

Au tribunal de Versailles, les violences sur mineur·es à la barre

En 2025, au moins 190 000 mineur·es ont été signalé·es comme victimes de violences physiques ou sexuelles. Un chiffre largement sous-évalué. Lorsque des plaintes sont déposées et que les procédures aboutissent, ces dossiers sont la plupart du temps jugés en correctionnelle lors d’audiences spécifiques.
Par Céline Martelet
« En tant que magistrats, nous devons être à la hauteur de l’attente de ces enfants victimes »  
Entretien 15 juillet 2026 abonné·es

« En tant que magistrats, nous devons être à la hauteur de l’attente de ces enfants victimes »  

À Bobigny, où une audience hebdomadaire est consacrée à des dossiers de violence sexuelle sur les enfants, le magistrat Youssef Badr raconte le quotidien d’une justice confrontée à la parole des mineur·es et appelle à mieux les accompagner.
Par Céline Martelet
« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »
Entretien 10 juillet 2026 abonné·es

« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »

David Yambio, fondateur de Refugees in Libya se dit « hanté » par le silence des Européens après que les députés européens ont adopté le règlement « Retour ». Il explique qu’en Libye, les politiques de l’Union européenne retiennent des milliers de personnes prisonnières et les condamnent à mort.
Par Pauline Migevant
Règlement européen « Retour » : la timide irruption du terme « déportation » dans le débat public
Analyse 10 juillet 2026 abonné·es

Règlement européen « Retour » : la timide irruption du terme « déportation » dans le débat public

Employé pour éviter l’euphémisation des termes utilisés pour qualifier les politiques migratoires européennes, ce mot, notamment associé à la Shoah, fait l’objet de débats.
Par Pauline Migevant