Primaire PS : Un débat de clarification, sans acrimonie

À l’issue de la confrontation entre Benoît Hamon et Manuel Valls, un point au moins fait l’unanimité : on débat mieux à deux qu’à sept.

Michel Soudais  • 26 janvier 2017
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Primaire PS : Un débat de clarification, sans acrimonie
© Photo : BERTRAND GUAY / POOL / AFP

Reconnaissons avec Manuel Valls que le débat qui a opposé, deux heures durant, les deux finalistes de la primaire du PS « a permis des clarifications : sur le travail, sur le modèle social, sur la laïcité ». La confrontation sans concession à laquelle se sont livrés devant les téléspectateurs les deux quart-de-finalistes socialistes de la présidentielle a été de bonne tenue. Sans acrimonie, contrairement à ce que les propos de caniveau de certains soutiens du député d’Évry, depuis dimanche, pouvaient laisser craindre. Elle leur aura en effet permis de défendre leurs positions et de souligner ce qui les oppose. Mais n’en déplaise à l’ancien Premier ministre, celle-ci n’a pas tourné à son avantage sur les deux sujets les plus discutés.

Le postulat d’une raréfaction du travail sur laquelle Benoît Hamon fonde son revenu universel d’existence est certes discutable, notamment en raison du fait que la transition écologique dans laquelle il veut engager le pays nécessitera une main-d’œuvre dans de nouveaux métiers, sujet qu’il n’aborde jamais, mais le « futur désirable » qu’il décrit reste plus séduisant que les recettes éculées de Manuel Valls pour qui « il n’y a pas d’idéologie en matière économique ». Et qui refuse obstinément tout partage du travail, contrairement à M. Hamon, même si ce dernier s’accorde avec son rival pour entériner la réforme des retraites Sarkozy-Fillon qui a porté à 62 ans l’âge de départ en retraite.

Comme prévu, la discussion s’est envenimée sur le sujet de la laïcité et du voile islamique, thèmes chers à Manuel Valls, qui a déclaré que sa laïcité était « celle de Caroline Fourest et d’Élisabeth Badinter ». Face aux charges de son concurrent, Benoît Hamon a su à la fois défendre la loi de 1905, « une loi de liberté », mettre en garde contre les néoconservateurs qui brandissent la laïcité « comme un glaive » et pour qui « un bon musulman serait un musulman qui ne serait pas musulman ».

Sur la nécessité de protéger notre environnement et les moyens envisagés, Benoît Hamon s’est favorablement distingué de Manuel Valls qui a déclaré vouloir « fusionner les ministères de l’Industrie, de l’Écologie et de l’Énergie ». Ce dernier a réaffirmé sa volonté de réaliser l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes quand son rival a pris l’engagement d’en « suspendre la déclaration d’utilité publique »

Restent au moins deux contradictions que Benoît Hamon n’a pas levées. Son projet se heurte souvent aux traités et règlements européens. C’est le cas quand il « assume de dire que nous pouvons faire plus de déficit public », notamment en raison des investissements d’intérêt général dans la transition écologique. Mais il veut renforcer cette Union européenne qui interdit ce qu’il veut mettre en œuvre.

À l’inverse de Manuel Valls, il se dit plus proche de Jean-Luc Mélenchon que d’Emmanuel Macron sur la transition écologique et « contre ceux qui pensent qu’il faut tout miser sur la croissance », mais réaffirme qu’il soutiendra Manuel Valls si celui-ci l’emporte dimanche. Les électeurs en concluront que la loyauté à son parti passe avant la fidélité à ses idées. Dommage.

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