Perturbateurs endocriniens : le Parlement européen rejette la définition de Bruxelles

Les députés européens ont mis leur veto concernant la définition des perturbateurs endocriniens adoptée par la Commission européenne. Une victoire pour les associations environnementales.

Vanina Delmas  • 3 octobre 2017
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Perturbateurs endocriniens : le Parlement européen rejette la définition de Bruxelles
© photo : PATRICK HERTZOG / AFP

Quels critères retenir pour définir les perturbateurs endocriniens ? Une question lourde de conséquences que les institutions européennes se posent sans trancher depuis près d’un an. Ce mercredi 4 octobre, le Parlement européen a rejeté la définition adoptée par la Commission européenne il y a trois mois, par 389 voix contre 235.

Les critères de Bruxelles étaient jugés trop laxistes, écartant notamment les pesticides. La France, opposée avec le Danemark et la Suède à ce texte depuis plus d’un an, avait soudainement changé de position, permettant ainsi d’atteindre la majorité qualifiée nécessaire pour l’adopter. Certainement l’influence de l’Allemagne, partisane d’une réglementation moins contraignante, protégeant les intérêts de BASF et Bayer, ses deux fleurons de l’industrie chimique.

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Une partie de la communauté scientifique, notamment les endocrinologues, ainsi que les associations environnementales, ont vivement dénoncé ce revirement et appelé les eurodéputés à bloquer ce texte. Une pétition lancée par l’ONG Générations futures pour _« forcer la Commission à proposer une autre définition pour les perturbateurs endocriniens, réellement protectrice de la santé humaine et de l’environnement » a recueilli plus de 60 000 signatures. Le 28 septembre dernier, la commission Environnement avait déjà voté contre la proposition de la Commission européenne. Le dossier n’est pas clos pour autant : la Commission européenne doit maintenant proposer une nouvelle liste de critères d’identification des perturbateurs endocriniens.

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Soupçonnés d’être responsables de malformations congénitales ou de pathologies comme l’obésité et l’infertilité, les perturbateurs endocriniens sont présents partout dans la vie quotidienne : cosmétiques, plastiques, solvants, pesticides… L’Union européenne conitnue de s’enliser dans cette question de santé publique, juste avant de se prononcer sur la réhomologation du glyphosate, la substance active contenue dans le pesticide star de Monsanto, le Roundup.

Retrouvez notre dossier « Monsanto, l’ennemi public n°1 », dans Politis n° 1472 jeudi 5 octobre en kiosques.

Écologie
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