Les artisans surchargés de la réinsertion

Deux peines sur trois sont exécutées en milieu ouvert. À l’extérieur, ce sont les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation qui les encadrent. Reportage en Isère.

Hugo Boursier  • 11 juillet 2018 abonné·es
Les artisans surchargés de la réinsertion
© photo : Le placement sous bracelet électronique devrait être généralisé pour les peines de 6 mois à un an.crédit : Hugo Boursier

Quand elle passe la porte du couloir réservé au personnel du service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip) pour accéder à la salle d’accueil, Catherine (1) ne se doute pas de la surprise qui l’attend. La conseillère sait que le jeune homme qu’elle suit, en sursis de quatre mois avec mise à l’épreuve de deux ans pour vol et recel, s’est blessé au doigt à la fin du mois de juin – douze points de suture. Mais, cette fois-ci, il a une attelle à l’autre main. « Je buvais des bières dans la rue quand deux personnes m’ont agressé », explique-t-il, la voix lente, une fois installé dans la pièce dédiée aux entretiens.

« Il y a toujours des choses qui vous empêchent d’avancer, souligne calmement Catherine. Pourtant, vous avez un comportement volontaire. Mais l’alcool entraîne… » « Pas mal de freins », répond le trentenaire en levant les yeux vers elle. Ensemble, ils élaborent la liste des rendez-vous à suivre : CMU, déclaration d’impôts, changement d’adresse, récépissé à la préfecture… « Avec le juge d’application des peines, on aimerait mettre en place une obligation de soins, avance-t-elle, et ici, au Spip,

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Société Police / Justice
Publié dans le dossier
Prisons surpeuplées, un mal français
Temps de lecture : 6 minutes

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