Genou à terre

La mort de George Floyd, sous le genou d’un policier blanc de Minneapolis, a déclenché une explosion de colère partout dans le monde.

Patrick Piro  • 10 juin 2020
Partager :
Genou à terre
© Tayfun Coskun / Anadolu Agency via AFP

La mise à mort de George Floyd, sous le genou d’un policier blanc de Minneapolis, a déclenché une explosion de colère partout dans le monde devant le déni des pouvoirs face au racisme, aux violences policières, à certaines pratiques des forces de l’ordre, à l’impunité pour leurs actes.

Il n’est pas surprenant qu’une des fortes répliques au soulèvement états-unien se situe en France. L’affaire Adama Traoré, très similaire à celle de Minneapolis, est devenue l’emblème de la version nationale du problème.

Lire > L’art de noyer le poisson

Le gouvernement rejette la comparaison : la France n’est pas les États-Unis. Pourtant, on y est parfois au-delà. Le député Éric Ciotti (LR), avec 28 collègues, a déposé, fin mai, une proposition de loi menaçant de 15 000 euros d’amende et d’un an de prison la divulgation d’images sur la police. 

À Minneapolis, la jeune fille qui a témoigné de l’agonie de George avec son mobile a été félicitée. Les autorités se sont engagées à réformer la police avec l’appui de la population pour élaborer un nouveau modèle de sécurité publique. À Paris, on en est bien loin. 

À part l’aveu qu’il existe un problème, Christophe Castaner s’en est tenu à quelques aménagements (pratiques de la police, contrôles internes). Pour le ministre de l’Intérieur, et tout autant pour le président Macron, retranché dans un silence impuissant, l’institution n’est pas en cause, seulement quelques brebis galeuses à sanctionner. Aux États-Unis, des fonctionnaires de police ont mis un genou à terre, reproduisant le geste de protestation contre le racisme. La République française, elle, reste droite dans ses bottes.

Lire aussi >

– Un mouvement inéluctable

– « Les pratiques policières sont le reflet de systèmes de domination »

– Les États-Unis face à leur racisme

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Derrière les lycéen·nes, « la daronnerie est en colère »
Analyse • 14 octobre 2026 abonné·es

Derrière les lycéen·nes, « la daronnerie est en colère »

Depuis bientôt un mois, les lycéen·nes qui luttent pour leur avenir mènent un mouvement social de grande ampleur pour exiger notamment de meilleures conditions d’apprentissage. Dans leur sillage, et face à la répression qu’ils et elles subissent, des parents se mobilisent à leurs côtés. Certains sont organisés en collectif.
Par Pauline Migevant et Kamélia Ouaïssa
Maintien de l’ordre : 100 000 signatures et des années d’alertes contre les armes mutilantes
Violences • 13 octobre 2026

Maintien de l’ordre : 100 000 signatures et des années d’alertes contre les armes mutilantes

Après plusieurs mutilations de lycéens, une pétition réclame l’interdiction de plusieurs armes et techniques policières lors des manifestations lycéennes. Une demande loin d’être récente malgré des avertissements répétés, jusqu’aux Nations unies.
Par Maxime Sirvins
OQTF : « Ma plus grande peur, c’était de savoir si j’allais sortir de ce commissariat »
Entretien • 13 octobre 2026 abonné·es

OQTF : « Ma plus grande peur, c’était de savoir si j’allais sortir de ce commissariat »

Sous le coup d’une obligation de quitter le territoire, Fatima a eu peur de porter plainte après une agression subie en octobre. Le rejet de l’article 62 de la « loi intégrale » contre les VSS, lequel visait à protéger les femmes étrangères, ravive ses craintes quant à son droit d’être protégée.
Par Kamélia Ouaïssa
« Loi intégrale » contre les VSS : les femmes étrangères rejetées du texte
Analyse • 13 octobre 2026 abonné·es

« Loi intégrale » contre les VSS : les femmes étrangères rejetées du texte

Le 9 octobre, à l’Assemblée nationale, l’article 62 de la proposition de loi dite « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles, lequel visait à protéger les femmes étrangères victimes de violences, a été rejeté. Les associations de terrain, elles, encaissent le coup avec un goût amer : celui de la trahison.
Par Kamélia Ouaïssa