Renouveler le féminisme

À la veille du 8 mars, Journée internationale des femmes, Nicole Savy, responsable du groupe « Droits des femmes »
de la Ligue des droits
de l’Homme, observe l’état des luttes féministes en France.

Olivier Doubre  • 5 mars 2009 abonné·es

Dans quelle situation se trouve aujourd’hui le mouvement féministe ?

Nicole Savy : Si l’on s’en tient strictement au féminisme tel qu’on l’a connu durant les luttes des années 1970, les militantes de cette époque ont évidemment vieilli, et, bien souvent, les jeunes d’aujourd’hui ont du mal à se reconnaître dans le mot « féministe ». Certaines ont même tendance à considérer que les luttes de leurs mères ou de leurs grands-mères sont périmées. Cela veut dire qu’il faut inventer autre chose, aussi bien du point de vue de la dénomination que de la forme et même du contenu. Toutefois, ce à quoi le féminisme s’opposait à cette époque est toujours présent et, je le crains, se porte bien : les ennemis des droits des femmes sont toujours là, en nombre. Ce qui est archaïque, ce n’est pas le féminisme mais bien ce qu’il combat ! Je pense ici aux résistances aux droits des femmes, ou leur remise en cause comme dans le cas du droit à l’avortement, qui ne cesse de subir des attaques ou des tentatives de restrictions. La raison d’être du féminisme n’est pas morte, il faut simplement qu’il invente une forme historique nouvelle. C’est une constante dans l’histoire, les mouvements ont besoin de se renouveler : comme il y a eu plusieurs socialismes successifs, avec des échecs et des renaissances, il faut qu’il y ait plusieurs vagues de

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Idées
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Trahison d’un État protecteur : anatomie d’un ressentiment
Essai 25 mars 2026 abonné·es

Trahison d’un État protecteur : anatomie d’un ressentiment

Le sociologue Alexis Spire interroge la défiance croissante des gouvernés vis-à-vis de l’État et des politiques de protection sociale, soumises aux attaques des politiques néolibérales.
Par Olivier Doubre
Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »
Entretien 24 mars 2026 abonné·es

Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »

De la vague verte des municipales de 2020 il ne reste que l’écume. Le second tour des municipales a été une douche froide pour Les Écologistes avec la perte des plus grandes villes, sauf Lyon, et peu de conquêtes. La secrétaire nationale du parti confie sa déception et fustige les divisions de la gauche, sans remettre en cause l’idée d’une primaire de la gauche hors LFI pour 2027. 
Par Vanina Delmas et Lucas Sarafian
Ada Colau : « En France comme en Espagne, les gauches doivent se mettre d’accord coûte que coûte »
Entretien 16 mars 2026 abonné·es

Ada Colau : « En France comme en Espagne, les gauches doivent se mettre d’accord coûte que coûte »

Après huit ans à la tête d’une équipe municipale qui a transformé Barcelone (2015-2023), l’ex-maire revient sur son héritage politique et appelle les gauches espagnole et française à construire des alliances larges pour stopper l’extrême droite et proposer un projet politique de justice sociale et de paix.
Par Pablo Castaño
« La commune est l’endroit par excellence de l’exercice du pouvoir démocratique »
Idées 11 mars 2026 abonné·es

« La commune est l’endroit par excellence de l’exercice du pouvoir démocratique »

Développé par des théoriciens proches de l’anarchisme, le communalisme est une forme d’organisation politique où les citoyens exercent directement le pouvoir à l’échelle des communes. Killian Martin revient sur les origines du concept repris par La France insoumise.
Par Alix Garcia