Les thoniers sont dans le rouge
En Méditerranée, comme chaque année, d’énormes bateaux pillent le thon rouge. Côté Atlantique, les petits pêcheurs attrapent ce qui reste. Un métier en bout de course, une pêche qui court au suicide.
Article paru
dans l’hebdo N° 1059 Acheter ce numéro
dans l’hebdo N° 1059 Acheter ce numéro

Sur un ponton du port partagé par les villes de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure sur la côte basque, « Xabi » Martiarena secoue la tête d’un air découragé. Pêcheur puis patron depuis trente ans, il regarde son thonier canneur de seize mètres, le Tximistarri II . La saison commence à peine pour les canneurs et les chalutiers de l’Atlantique : ils peuvent pêcher le thon du 15 juin au 15 octobre, après trois mois de saison en Méditerranée, achevée le 15 juin [^2]. « Grandeur et décadence, c’est ça l’histoire de la pêche au thon ici. Je me souviens encore du temps où l’on débarquait des tonnes chaque jour de la saison, alors que maintenant… » Ce port est resté au premier rang français des années 1950 à 1970 ; les conserveries y étaient florissantes. Aujourd’hui, elles ont toutes fermé. Comment en est-on arrivé là ?
« Nous, les pêcheurs, nous sommes des ramasseurs. Nous récoltons sans semer. Et nous l’avons fait trop longtemps sans discernement. C’est aussi simple que cela », commente Martiarena avec lucidité. C’est un fait, thunnus thynnus est inscrit sur la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature
Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :
Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
Temps de lecture : 7 minutes
Pour aller plus loin…
Reportage • 30 avril 2026
abonné·es
LGV Bordeaux-Toulouse : main basse sur les terres agricoles
Pour déployer sa nouvelle ligne, SNCF Réseau doit acquérir du terrain au titre de la compensation écologique. En pleine crise du secteur, de nombreux viticulteurs sont tentés de vendre, car les prix proposés sont élevés. Au point d’écarter certains agriculteurs désireux de créer une activité.
Par Romane Gentil
Reportage • 20 avril 2026
abonné·es
La paysannerie mondiale résiste encore
Depuis 1996, le 17 avril marque la journée internationale des luttes paysannes. Face à la libéralisation des échanges et à l’accaparement des terres, le mouvement altermondialiste La Via Campesina coordonne la résistance de 200 millions de paysans à travers le monde.
Par Alix Garcia et Louis Meurice
Portrait • 17 avril 2026
abonné·es
En Suisse, avec le berger qui défend les loups
Dans le Jura vaudois, Fabrice Monnet a passé une grande partie de l’hiver à patrouiller dans les montagnes avec son association pour empêcher l’abattage du grand prédateur. L’homme est devenu une figure militante, non sans agacer éleveurs et pouvoirs publics.
Par Louis Bolla
Entretien • 15 avril 2026
abonné·es
Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »
Le professeur de microbiologie au Muséum national d’histoire naturelle plaide pour la reconnexion de notre société au vivant, et l’émergence d’alternatives agroécologiques pour protéger le monde agricole et les citoyens des ravages des pesticides. Dans De la biodiversité comme un humanisme, petit livre très accessible, il allie vulgarisation et la défense de la biodiversité.
Par Vanina Delmas
Best of
Les plus lus
1
À Six-Fours-les-Plages, l’extrême droite décomplexée se fond dans le décor
2
« Nous utiliserons tous les moyens parlementaires pour que la loi Yadan soit rejetée »
3
Loi Rodwell : les droits des trans dans le viseur
4
Affaire Deranque : « Nous, descendant·es de personnes déportées et résistantes, nous ne pouvons plus nous taire »