Le gaz de schiste n’est pas enterré

Poussés par de fortes mobilisations locales, les députés devraient bannir, le 10 mai, les procédés d’extraction néfastes pour l’environnement. Mais les enjeux sont énormes, et les appétits intacts…

Patrick Piro  • 5 mai 2011 abonné·es
Le gaz de schiste n’est pas enterré

Rarement proposition de loi aura été promise à une adoption aussi consensuelle : mardi 10 mai, une large majorité de députés devrait se prononcer pour l’interdiction de l’extraction des gaz et huiles de schiste par la technique de fracturation des roches (hydrofracturation) en raison de son impact potentiel sur l’environnement – énormes prélèvements d’eau, pollution des nappes phréatiques par des adjuvants chimiques, emprise sur les terres, dégradation des paysages, norias de camions… Cette loi, que le Sénat devrait approuver également, gèlerait de facto les permis délivrés l’an dernier à plusieurs compagnies pour l’exploration de gisements prometteurs dans le Sud-Est et le Bassin parisien [^2].

Une première victoire éclair contre les gaz de schiste : les écologistes n’en attendaient pas tant, alors que la première réunion publique d’opposants s’est tenue le 8 décembre dernier à Saint-Jean-du-Bruel (Aveyron), il y a cinq mois à peine, à l’initiative de militants du Larzac, dont José Bové (voir ci-contre). La pression monte rapidement dans les régions délimitées par les trois grands permis [^3], à mesure que la population prend conscience de l’ampleur des projets, de l’opacité qui les entoure et des dégâts potentiels. Appels, réunions et résolutions d’élus locaux se

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Écologie
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

LGV Bordeaux-Toulouse : main basse sur les terres agricoles
Reportage 30 avril 2026 abonné·es

LGV Bordeaux-Toulouse : main basse sur les terres agricoles

Pour déployer sa nouvelle ligne, SNCF Réseau doit acquérir du terrain au titre de la compensation écologique. En pleine crise du secteur, de nombreux viticulteurs sont tentés de vendre, car les prix proposés sont élevés. Au point d’écarter certains agriculteurs désireux de créer une activité.
Par Romane Gentil
La paysannerie mondiale résiste encore
Reportage 20 avril 2026 abonné·es

La paysannerie mondiale résiste encore

Depuis 1996, le 17 avril marque la journée internationale des luttes paysannes. Face à la libéralisation des échanges et à l’accaparement des terres, le mouvement altermondialiste La Via Campesina coordonne la résistance de 200 millions de paysans à travers le monde.
Par Alix Garcia et Louis Meurice
En Suisse, avec le berger qui défend les loups
Portrait 17 avril 2026 abonné·es

En Suisse, avec le berger qui défend les loups

Dans le Jura vaudois, Fabrice Monnet a passé une grande partie de l’hiver à patrouiller dans les montagnes avec son association pour empêcher l’abattage du grand prédateur. L’homme est devenu une figure militante, non sans agacer éleveurs et pouvoirs publics.
Par Louis Bolla
Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »
Entretien 15 avril 2026 abonné·es

Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »

Le professeur de microbiologie au Muséum national d’histoire naturelle plaide pour la reconnexion de notre société au vivant, et l’émergence d’alternatives agroécologiques pour protéger le monde agricole et les citoyens des ravages des pesticides. Dans De la biodiversité comme un humanisme, petit livre très accessible, il allie vulgarisation et la défense de la biodiversité.
Par Vanina Delmas