Élection au Parlement

Le social-démocrate allemand Martin Schulz élu à la présidence de l’institution.

Michel Soudais  • 19 janvier 2012
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Le tourniquet du Parlement européen fonctionne toujours. Mardi, à Strasbourg, le social-démocrate allemand Martin Schulz a été élu président de cette institution communautaire pour un mandat de deux ans et demi, en remplacement du conservateur polonais Jerzy Buzek.

Totalisant 387 des voix sur 670 suffrages exprimés, l’ancien chef de file du groupe socialiste a été élu avec le soutien des députés de la principale formation du Parlement, le PPE (Parti populaire européen), en vertu d’un accord entre les deux partis pour se partager le perchoir à mi-terme de la mandature, d’une durée de cinq ans. Il a aussi bénéficié des voix des élus libéraux et d’une grande partie des Verts. Candidats face à lui, les Britanniques Diana Wallis (Alde, libéraux) et Nirj Deva (ECR, conservateurs eurosceptiques) ont recueilli respectivement 141 et 142 voix.

La cogestion du Parlement européen entre conservateurs et sociaux-démocrates, à laquelle les socialistes français et le PSE voulaient mettre un terme lors de la campagne européenne de 2009, se porte bien. Sept anciens présidents du Parlement européen étaient présents dans l’hémicycle pour assister à la victoire de M. Schulz, un homme d’appareil entré à 18 ans au Parti social-démocrate allemand (SPD), élu au Parlement européen depuis 1994 et président du groupe socialiste depuis 2004.

Pour accéder à cette fonction, M. Schulz et son groupe ont d’abord accepté d’investir la Commission européenne de José Manuel Barroso en début de mandature, alors que le PSE avait fait campagne devant les électeurs contre ce dernier. « Il a voté, entre autres, les résolutions en faveur des sanctions contre les dépassements de déficits autorisés, les nouveaux pouvoirs des agences de notation, la libéralisation du gaz et le paquet ferroviaire, sans oublier la directive service » , rappelle Jean-Luc Mélenchon, qui a refusé de participer à la « mascarade » de cette élection.

À son nouveau poste, M. Schulz assure vouloir « redonner au Parlement européen » , marginalisé par les nombreux sommets européens qui en ont fait une simple « chambre d’enregistrement », « tout son pouvoir et son rôle » . Mais pour devenir un jour président de la Commission européenne, comme on lui en prête l’intention, il devra aussi ne pas se fâcher avec les dirigeants européens.

Politique
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