« Les artistes sont in situ »

« Square » propose un rendez-vous culturel dominical sur Arte, présenté par Vincent Josse. Entretien.

Jean-Claude Renard  • 12 janvier 2012 abonné·es

Producteur animateur sur France Inter de l’émission « Dans l’atelier de », Vincent Josse présente « Square », l’un des nouveaux magazines culturels d’Arte. Un square qui se veut le théâtre d’une rencontre avec un artiste ou un intellectuel, livrant son actualité et son regard sur le monde. Un magazine agrémenté de reportages.

Quelle idée a présidé à cette nouvelle émission culturelle ?

Vincent Josse : Cela répond à une proposition de Lionel Jullien, rédacteur en chef du magazine et chargé du « Journal de la culture » sur Arte. L’idée d’offrir quarante-cinq  minutes à un artiste n’est pas si fréquente à la télévision. C’est un projet plutôt proche de « l’Atelier », que je réalise sur Inter, qui permet de se rendre sur les lieux de création, là où vit l’artiste. De la radio à la télévision, la démarche est assez voisine.

Quel est le dispositif
du magazine ?

Il ne s’agit pas de faire « Radioscopie », de ­réaliser une interview, mais d’un portrait in situ. Le premier ayant été celui d’Alaa El Aswany, écrivain égyptien [auteur notamment de l’Immeuble Yacoubian en 2002, NDLR], que nous avons rencontré chez lui au Caire, dans un moment de répression très violente, où l’armée chargeait les manifestants place Tahrir, les hommes, les femmes, et nous-mêmes [^2].

Pour un premier numéro, c’était mouvementé, mais aussi passionnant parce que nous avons envie que cette émission soit consacrée à un artiste et à son rapport au monde, à la société et à sa traduction de cette société.

Pour « Dans l’atelier de », sur France Inter, qui va de Guy Bedos à Alain Passard, jusqu’à Alfredo Arias et prochainement Robert Guédiguian, quelle est votre ligne éditoriale ?

Je me tourne vers les gens que j’ai envie de rencontrer. J’essaye de transmettre mes curiosités, d’aller sur les lieux de travail, dans les coulisses, d’emmener un auditeur dans un lieu qu’il ne connaît pas.
Dans tous les cas, il n’y a pas de règles. J’y vais toujours la peur au ventre. Une interview, c’est une alchimie. Avec des moments qui marchent ou qui ne marchent pas.

En l’occurrence, ces invités sont des gens au travail ; ils ne sont pas en promotion, mais dans la recherche et dans le doute. Il ne s’agit pas d’un plaisir égoïste mais de penser à l’auditeur, sans tomber dans la flagornerie devant un invité. Je reste un curieux, souvent émerveillé, mais sans perdre mon sens critique. Ce qui m’importe, c’est d’être au cœur du travail, là où la culture se conçoit.

[^2]: L’équipe de tournage a été matraquée, et son matériel cassé.

Médias
Temps de lecture : 2 minutes