Santé : la colère des professionnels

Samedi, le collectif « Notre santé en danger » appelait à manifester dans toute la France pour placer la question des soins au cœur du débat politique.

Clémence Glon  • 16 avril 2012
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Santé : la colère des professionnels
© Photo : Clémence Glon

Samedi 14 avril, face à la mairie du XXe arrondissement de Paris, les promeneurs pouvaient emprunter les toutes nouvelles « rue du grand enfermement », « rue des usines à bébés » ou encore « rue du désert médical ».

Rouleau de scotch à la main, quatre membres du collectif « Notre santé en danger » rebaptisent les allées qui mènent à la place Gambetta. Ils font partie des quelques 200 personnes qui ont répondu présents à l’appel lancé pour placer les questions de santé au cœur du débat de cette campagne électorale. Leur credo : « Permettre l’accès au soin à tous, partout et à tout instant » . Des rassemblements similaires se tenaient dans les rues de Nice, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Tarbes… 

 

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L’humain au cœur du soin

« Nous ne nous satisferons pas de demi-mesure. Nous avons des revendications précises pour établir un service public de santé solidaire» , lance Carole Soulé, salariée à l’Assistance publique des hôpitaux de Paris. Abrogation de la loi Bachelot, fermetures des agences régionales de santé, augmentation du nombre de professionnels, développement des centres de santé, maintien des centres d’IVG, protection sociale ouverte à l’ensemble de la population. Au total, une soixantaine d’organisations ont signé le socle commun rédigé le 11 mars 2012. Act up, Attac, Femmes solidaires mais aussi EELV, le Parti de gauche, le NPA ou les Alternatifs.

« Le personnel devient une variable d’ajustement budgétaire. L’humain doit être replacé au cœur du soin. La médecine n’est pas seulement une succession d’actes techniques » , estime François Nay, responsable de la coordination nationale du comité de défense des hôpitaux et des maternités de proximité.
 

Marchandisation

Pour symboliser les attaques menées contre le système de santé, les manifestants se sont allongés quelques minutes sur la place. « Nous allons nous relever pour signifier la résistance que nous menons » , continue François Nay. Dans son sac, les lettres de soutien d’organisations similaires basées en Espagne et au Royaume-Uni. L’une d’entre elles déplore la marchandisation des soins au profit d’entreprises privées. 

En renommant la « rue du désert médical », « avenue des centres de santé », Marianne Petit, médecin généraliste à Ivry-sur-Seine, insiste sur « la nécessité de répondre au besoin de l’ensemble de la population ». « Un centre de santé ne peut pas être rentable, il répond à des besoins précis en matière de soins et de prévention » , proteste-t-elle. Le rôle même d’un service public.

Société Santé
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