Notre-Dame-des-Landes : les turbulences s’amplifient

La pression monte contre les opposants au projet d’aéroport, qui refusent de quitter le site et tentent encore de faire appel à la loi.

Patrick Piro  • 19 juillet 2012 abonné·es

Marie Jarnoux a préparé un texte, qu’elle prononce comme un serment irréductible. « On nous harcèle au téléphone, les huissiers débarquent, Vinci nous presse de quitter les lieux, les forces de l’ordre ont militarisé la zone : nos ennemis savent que, si nous partons, ils auront partie gagnée ! » Marie Jarnoux fait partie de ces centaines de personnes venues réaffirmer leur résistance au moloch, habitants des communes dont le territoire est promis à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Le concessionnaire Aéroports du Grand-Ouest (AGO), détenu à 85 % par la société Vinci, a obtenu l’autorisation d’exproprier quelque 1 650 hectares de terres agricoles, de bocage et de zones humides, à une trentaine de kilomètres au nord-est de Nantes. Le public gronde. Ils étaient près de 3 000, dimanche 8 juillet, au rendez-vous du 2e Forum des grands projets inutiles et imposés (voir encadré), qui s’est tenu dans un champ à proximité du site du futur aéroport.

Les procédures vont bon train : les expropriations foncières sont pratiquement achevées, et même en cours pour les habitations. « C’est une tension permanente, nous ne vivons plus chez nous : nos terres, nos

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Écologie
Temps de lecture : 6 minutes