Une rentrée déterminante
pour l’école primaire

Formation, éducation prioritaire, rythmes scolaires : pour le Snuipp, syndicat majoritaire du premier degré, le primaire reste une priorité à investir.

Ingrid Merckx  • 28 août 2013
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Une rentrée déterminante  pour l’école primaire
© Photos: SEBASTIEN BOZON / AFP & JOEL SAGET / AFP

« Nous voudrions que des recherches indépendantes* suivent les écoles passant aux nouveaux rythmes », annonce Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp. Ce 27 août à Paris, ce syndicat majoritaire des enseignants du premier degré tient sa conférence de presse de rentrée.

La question de la réforme des rythmes scolaires arrive tard sur la table : « On n’a pas cessé de dire au ministre que ce n’était pas le sujet le plus important de la refondation de l’école alors qu’il écrasait tous les autres. On n’allait pas faire la même chose… », glisse-t-il. Bien conscient que cela reste un des sujets les plus attendus : 20 % des écoles reviennent à la semaine de 4,5 jours cette rentrée. 22,3 % des élèves. 4 000 communes. Cependant que la concertation se poursuit dans les autres, celles-ci vont essuyer les plâtres. C’est pourquoi le Snuipp a lancé sur son site une enquête à « renseigner et pour se renseigner » sur le mode : Et chez vous comment ça se passe ?

Le syndicat distingue quatre tendances :
1) Les villes qui choisissent de faire finir l’école à 15 h 45 (43 %).
2) Celles comme Paris où la classe va terminer à 16 h 30 deux jours par semaine et à 15 h les deux autres (10 %).
3) Celles qui allongent la pause déjeuner de 2 h15 à 2 h 45.
4) Celles (30 %) qui mélangent plusieurs systèmes de répartition du temps périscolaire.

« La réforme des rythmes scolaires crée des inégalités »

« Des communes avaient déjà des projets éducatifs locaux ou contrats éducatifs locaux et donc organisaient déjà des activités : la réforme porte donc juste sur une montée en puissance d’un dispositif existant, précise le syndicat. Certaines n’en avaient pas et montent maintenant des activités riches et variées ou des projets éducatifs territoriaux. (…) Il est à noter que dans certaines communes aucune activité n’est proposée : uniquement de la garderie. »

Manifestation contre la réforme, Paris, 12 février 2013

En d’autres termes : « La réforme des rythmes scolaires crée des inégalités » , tranche Sébastien Sihr. C’est pourquoi le Snuipp persiste à vouloir modifier le décret sur les rythmes scolaires de manière à ce qu’il prenne en compte les problèmes de financement de la réforme par les communes et les conclusions des conseils d’école sur l’organisation à mettre en place.

« Cette rentrée sera déterminante pour le primaire » , avait annoncé le secrétaire général en introduction, en citant comme priorités la lutte contre l’échec scolaire et l’amélioration des conditions de travail des enseignants.

Si l’école « retrouve un peu d’air » en 2013 avec 3 046 créations de postes, plus de deux tiers seront affectés au titre de la démographie : 32 000 nouveaux élèves cette rentrée. Le reste sera dévolu à l’accueil des enfants de moins de 3 ans (307) et viendra alimenter le dispositif « Plus de maîtres que de classes » (903).

Trois chantiers

« L’école porte encore les stigmates des suppressions de postes » , prévient Sébastien Sihr. Seuls 72 postes Rased (enseignants spécialisés) ont été recréés. Et certains autres chantiers s’annoncent ardus.

Le premier porte sur la revalorisation salariale et les retraites : les enseignants subissent un déclassement important. Démarrant en moyenne leur carrière à 27 ans, ils doivent envisager de travailler jusqu’à 69 ans pour bénéficier d’une retraite à taux plein.

Le deuxième concerne la formation initiale avec les nouvelles écoles de formation des maîtres (ESPE) et la formation continue : « Certains profs n’ont pas reçu de formation depuis dix ans, imaginerait-on cela pour des médecins ? »
Lire > Quelle école pour les profs ?

Le troisième, pas des moindres, ce sont les Assises de l’éducation prioritaire en novembre prochain : « Il faut retravailler la cartographie. L’éducation prioritaire (EP) est un véritable mille-feuille où se chevauchent politique de la ville, Réseau de réussite scolaire et dispositifs Eclair. Elle est souvent définie à partir du collège quand nous pensons qu’elle devrait partir du premier degré. Il faut aussi veiller aux conditions pédagogiques dans ces zones. » Pour l’heure, la moyenne en EP est de 22,2 élèves par classe contre 23,8 hors EP. La différence n’est pas flagrante. En matière de formation non plus.

Quant à la fameuse charte de la laïcité qui sera affichée dans les établissements d’ici à la fin septembre, le Snuipp estime que « ça ne mange pas de pain » , à condition qu’on défende « une laïcité qui englobe et non qui exclut ».

  • À suivre : dossier sur la mise en place de la réforme des rythmes scolaire dans Politis du 29 août.
Société
Temps de lecture : 4 minutes
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