Festivals ruraux : entendez-vous dans nos campagnes…
Loin d’être un désert musical, les zones rurales regorgent de festivals aux propositions variées.
dans l’hebdo N° 1919 Acheter ce numéro

© DR
Elaine Bourban avait 15 ans quand elle est devenue bénévole la première fois d’un festival à Hauterive, dans l’Orne. « Je faisais les crêpes, toute ma famille était aussi bénévole », se souvient celle qui est aujourd’hui présidente de Mets du rythme, l’association qui organise ce même festival.
L’aventure musicale a commencé au début des années 2000, lancée par une bande d’amis portée par l’envie de faire des concerts dans un lieu ouvert, en l’occurrence une ferme du voisinage. D’abord en petit format « à la bougie et en acoustique », puis l’événement a évolué au fil des années et des envies, changeant plusieurs fois de forme et de nom : Tap’ ton bœuf, La Ferme k’on écoute, l’association Hapi (pour Humain attiré par l’incongru), La Ferme d’hiver, La P’tite Ferme… Et aujourd’hui La Ferme en rythme.
Aucune ambition de grandir outre mesure, mais la ferme a accueilli des artistes comme Miossec, Tryo, Marcel et son orchestre, la Cafetera Roja… Des influences plutôt rock, ska, dub, punk et électro. Mais les étiquettes, ce n’est pas leur truc. Seules comptent les valeurs : la fête, la musique, l’entraide et la culture populaire pour toutes et tous.
« Au départ, l’objectif était d’avoir une entrée, une part de pizza et une boisson pour 10 euros. Évidemment, vingt ans plus tard, ce budget a doublé. Mais on fait en sorte que ça reste accessible en proposant un tarif en prévente et un tarif soutien », explique Elaine.
Une part de l’âme du festival tient au lieu : la ferme de Thierry et Anita Lemaître. Au départ, les concerts se tenaient dans la cour, à côté de l’étable, et côtoyaient le quotidien de l’agriculteur. Puis les événements ont gagné la grange et le jardin à l’arrière de la maison.
« Je n’étais pas destiné à accueillir des artistes et ce public. J’ai apporté cet ancrage au territoire, au milieu agricole, et je trouve ça intéressant que cet univers de festival, qui pouvait paraître un peu nébuleux, ait été confronté à des éléments très pragmatiques », analyse Thierry Lemaître. Parfois, le public s’est retrouvé à déplacer du bois au lieu d’aller au concert, ou à faire moins de bruit car une vache était en train de vêler. « Je suis toujours émerveillé de voir notre réussite. Le populaire, au sens noble du terme, peut donner des choses extraordinaires, un formidable bazar plein de valeurs essentielles », philosophe l’agriculteur. Mais la ferme est désormais en vente. Une nouvelle période de transition s’ouvre pour l’association.
« On a eu la chance d’avoir pendant vingt ans des agriculteurs qui nous ont laissé carte blanche, que ce soit pour les artistes qu’on accueillait ou pour transformer le lieu, et même casser des murs, glisse Elaine. Maintenant, il faut rebondir, aussi en fonction de la vie des bénévoles, car la
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :
Pour aller plus loin…
« Partir de Gaza a sauvé mon art »
« We Dream », les joies du collectif
« Toute la misère du monde », les rouages de l’accueil des migrants